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Jean-Marc Ayrault passe son grand oral

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Le 1er ministre Jean-Marc Ayrault prononce ce mardi à 15h son discours de politique générale à l'Assemblée nationale sur fond de rigueur budgétaire. Il devra notamment répondre à cette question : comment tenir les engagements de campagne de François Hollande tout en maîtrisant les dépenses publiques ?

C’est sur fond de rigueur budgétaire que Jean-Marc Ayrault passe son grand oral devant l’Assemblée nationale ce mardi. Le 1er ministre prononce son discours de politique générale à 15h. Celui-ci devrait durer une heure, pendant laquelle le chef du gouvernement dévoilera les grands axes des réformes à venir du quinquennat. Il devra préciser comment seront tenus les engagements de campagne de François Hollande, alors que la situation économique du pays nécessite d’importantes réductions des dépenses. L'enjeu est de convaincre les Français que les hausses d'impôts et le rabotage des dépenses se feront selon la règle énoncée durant la campagne, c'est-à-dire en épargnant les plus pauvres et sans que ces mesures ne cassent l'activité économique déjà affaiblie (0,4% de croissance seulement prévue cette année).

Il faut mener de véritables « réformes structurelles »

« Ce discours est un acte important, qui plus est au début d'une législature », relève-t-on dans l'entourage du 1er ministre. Il s'inscrit de surcroît en pleine séquence budgétaire, entre l'audit de la Cour des comptes, qui s'est inquiétée lundi de la situation du pays en 2013, et la présentation mercredi en Conseil des ministres d'un collectif budgétaire pour 2012, qui cherchera 7 à 8 milliards d'euros de recettes supplémentaires d'ici la fin de l’année.
« Je ne vais pas révéler aux Français un nouveau programme », car « ma feuille de route c'est le projet de François Hollande », a répondu à maintes reprises Jean-Marc Ayrault. L'ancien maire de Nantes juge toutefois qu'il faut mener sans attendre de véritables « réformes structurelles ».

«Tout le monde qui va trinquer »

Le gouvernement envisage ainsi d’augmenter la CSG, mais pas la TVA. Les plus aisés seront mis à contribution avec le relèvement du barème de l'ISF et la création d'une taxe sur les dividendes. Mais ce sont toutes les tranches de la population qui vont devoir se serrer la ceinture pour trouver la trentaine de milliards nécessaire à la maîtrise du budget en 2013. Et notamment les classes moyennes, comme l’explique l’économiste Pascal de Lima, enseignant à Sciences-Po : « C'est tout le monde qui va trinquer. Mais il faut cibler quelque chose qui est facilement manipulable économiquement. Les classes moyennes sont, par l'impôt sur le revenu et par leur consommation, les classes les plus faciles à cibler pour atteindre les objectifs. De toute façon il y aura une perte de pouvoir d'achat, in fine. Il va y avoir en France un vrai plan de rigueur comme le connaissent par exemple les pays du sud de l'Europe ».

La Rédaction avec Annabel Roger