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"Je n’étais pas assez rodé", François-Xavier Bellamy revient sur sa campagne européenne

LES CONFESSIONS DE L'ÉTÉ - Dans le cadre de notre série d'été politique intitulée "Ont-ils des regrets? Les confessions de l’été", BFMTV a pu s'entretenir avec le député européen et novice en politique, François-Xavier Bellamy.

Début 2019, après plusieurs semaines de tergiversations et de doute au sein d'une droite plus sclérosée et affaiblie que jamais, le suspens cesse du côté des Républicains et Laurent Wauquiez annonce enfin la tête de liste de l'ex-UMP pour les élections européennes. Ce sera François-Xavier Bellamy, un professeur de philosophie versaillais à l'expérience politique limitée, lui qui n'a été "qu"'adjoint au maire de Versailles. 

Quelques mois plus tard, le 26 mai, les résultats tombent et LR est relégué à la quatrième place du scrutin continental avec 8,5% des suffrages, très loin du duo RN et LaREM, grands gagnants du jour. Le parti de droite est également devancé par la liste EELV de Yannick Jadot, qui plafonne quant à elle à 13,5% des voix.

Malgré le revers, François-Xavier Bellamy devient eurodéputé et siégera au Parlement européen en compagnie de sept autres membres de son parti. 

"Ça a été très frustrant"

interrogé quelques semaines plus tard, François-Xavier Bellamy revient sur cette période compliquée pour lui, qui n'était pas forcément fourbu au quotidien politique. Lors des différents débats télévisés, dont celui organisé par BFMTV, il était apparu emprunté et souvent pris à revers par les autres têtes de listes, dont Jordan Bardella, la jeune pousse d'extrême droite

"Je n’étais pas assez rodé pour cet exercice qui reste très particulier qui est celui du débat télévisé. Ça a été très frustrant pour moi notamment parce que la brièveté du temps de parole fait qu’effectivement il était très difficile de développer un propos dans un temps qui est très court. Sans doute j’aurais dû mieux me préparer à cet exercice", admet-il. 

Lors d'un débat organisé par France 2 dans le cadre de L'Émission politique, chaque candidat était invité à présenter un objet qui lui tenait à coeur, mais également représentatif de l'Union européenne. Restant fidèle à sa formation littéraire, Bellamy avait présenté L'Iliade et L'Odyssée d'Homère, en faisant valoir "le risque de fracturation communautariste qui menace notre société". 

"Garder l'humilité nécessaire"

Au sein même de sa famille politique, sa nomination en tant que tête de liste était discutée en raison de certaines prises de position sur l'IVG et la fin de vie. Une situation que déplore l'homme de 33 ans, avec le recul.

"Il y en a certains qui voulaient trouver à redire à ma candidature, qui ont expliqué qu’on avait peut-être perdu un point dans les sondages pour telle ou telle position. Ecoutez, si on avait fait neuf au lieu de huit je ne pense pas qu’on serait sorti de la crise", détaille-t-il.

Pour autant, bien que la politique n'ait jamais été pour lui un plan de carrière, François-Xavier Bellamy, dans une droite plus divisée que jamais depuis la démission de Laurent Wauquiez en juin dernier, souhaite reconstruire son camp, en gardant en mémoire les erreurs d'un passé finalement pas si lointain. 

"Je me méfie beaucoup de la passion de la réussite. On a un président de la République qui disait ‘il faudrait que les jeunes Français rêvent de devenir milliardaires’. Le fait d’avoir vécu soi-même un moment éprouvant, ou des moments d’épreuves, c’est aussi une occasion de savoir ça et de garder l’humilité nécessaire pour entendre la situation de chacun à l’intérieur de la société", conclut-il, philosophe. 
Hugo Septier