BFMTV

"Je n'allais pas m’inventer un personnage": Nathalie Loiseau revient sur ces jours qui ont suivi les européennes

LES CONFESSIONS DE L'ÉTÉ - Dans le cadre de notre série d'été politique intitulée "Ont-ils des regrets? Les confessions de l’été", BFMTV a pu s'entretenir avec la députée européenne et ancienne ministre chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau.

Le 26 mai dernier, soir des dernières élections européennes, LaREM est défaite par le Rassemblement national de Marine Le Pen, porté par la jeune tête de liste Jordan Bardella (23,34% contre 22,42% des suffrages selon les résultats définitifs). Malgré ce revers, Nathalie Loiseau, qui quant à elle menait la liste présidentielle, reçoit des félicitations des cadres de son parti

"J’ai le souvenir d’un coup de fil du président de la République, et j’ai vu Édouard Philippe qui était présent, l’un comme l’autre m’ont dit ‘pour un résultat pareil, on aurait signé tout de suite, des deux mains’", explique-t-elle à BFMTV.

Un off qui entame le crédit de Loiseau

Pourtant, quelques jours plus tard, alors que cette dernière se trouve en pole position pour devenir la leader du groupe centriste au Parlement européen, Nathalie Loiseau s'est laissée allée à quelques confidences face à une douzaine de journalistes. En l'espace de quelques minutes, la toute nouvelle eurodéputée et ancienne ministre chargée des Affaires européennes entame un crédit difficilement obtenu.

"J’ai dit que le patron allemand de la droite du parlement européen ne serait jamais président de la commission parce qu’il n’aurait pas l’expérience pour. J’ai dit qu’Angela Merkel avait du mal à se décider parce que la situation politique allemande était de plus en plus compliquée et que ça ralentissait le processus. Et c’est exactement ce qu’on a vu", se remémore-t-elle. 

En premier lieu, c'est le quotidien belge Le Soir qui avait fait fuiter ses déclarations. Dans un article du 7 juin dernier, il est rapporté que Loiseau a égratigné l'actuel leader du groupe centriste européen, Guy Verhofstadt, qualifié de "vieux de la vieille qui a des frustrations rentrées depuis quinze ans."

Un autre rival pour le poste, le Suédois Fredrick Federley, en avait également pris pour son grade: "L'élire serait donner les clés du groupe à la droite allemande", estimait Nathalie Loiseau.

"C'est la vie"

Des déclarations entièrement assumées, mais qui lui ont très certainement coûté sa place de tête de file du groupe centriste, poste auquel elle renonce finalement d'elle-même. 

"Les noms d’oiseau ça consistait à dire que l’une de mes concurrentes se présentait comme elle l’avait déjà fait précédemment et qu’elle avait déjà perdu. Ce n’est pas un nom d’oiseau c’est un fait, elle l’a très bien compris. Je ne suis pas sûre qu’en off ma concurrente disait de moi que monts et merveilles. C’est la vie", insiste-t-elle. 

Selon certains observateurs, ces déclarations font office d'un suicide politique, finalement pleinement revendiqué.

"Je n'allais pas m’inventer un personnage au motif que ça allait plaire à deux ou trois communicants. Des communicants j’en ai croisé, je les ai entendus me débiter les mêmes recettes qu’ils sortiraient pour un séminaire de pâte dentifrice. Objectivement ça ne m’intéresse pas", conclut-elle. 

Actuellement, Nathalie Loiseau est à la tête de la sous-commission sécurité et défense, elle qui pouvait prétendre à une plus haute destinée. Pour autant, l'ancienne ministre ne regrette pas cet épisode et se réjouit d'avoir gardé sa liberté de parole. 

Hugo Septier