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"Je n'ai pas de leçon à recevoir": le coup de sang de Macron sur la convention pour le climat

Le président de la République a abordé l'écologie au cours de l'entretien qu'il a accordé ce vendredi en direct au média en ligne Brut. Alors qu'il se voyait reprocher d'avoir écarté certaines mesures préconisées en juin dernier par la Convention citoyenne pour le climat, il est sorti de ses gonds.

Au cours de son entretien au média en ligne Brut, en direct ce vendredi en fin d'après-midi, Emmanuel Macron a abordé le sujet de l'écologie. Il s'est emporté lorsqu'on lui a reproché d'avoir écarté trois mesures parmi les recommandations formulées à la fin du mois de juin dernier par la Convention citoyenne pour le climat.

Il avait refusé d'inscrire dans un référendum la révision du préambule de la constitution de la Ve République, et surtout la création d'une taxe de 4% sur les dividendes et l'idée d'un abaissement de la vitesse maximale sur les autoroutes. Pire, certains participants ou observateurs l'ont accusé d'avoir détricoté les propositions retenues, dont Cyril Dion, le réalisateur du documentaire Demain, qui a lancé une pétition le 16 novembre dernier.

"Je n’ai pas de leçon à recevoir!", s'est agacé le chef de l'Etat. "Personne n’a autant fait que nous depuis trois ans. Moi, j’ai pas pris des lois pour dans dix ans. On est en train de fermer toutes les centrales à charbon, on a converti 800.000 véhicules très polluants en électrique ou hybride, et on continue l’investissement. Notre-Dame-des-Landes, Europa City, qui les a arrêtés ?", a-t-il argumenté.

"Il faut arrêter ce sketch!"

Il a dénoncé une logique selon lui jusqu'au-boutiste. "C’est trop facile de dire: ‘Attendez, il y a un truc qui ne nous plaît pas, vous n’avez rien fait’. Il faut arrêter ce sketch!" S'il a rendu hommage aux 150 citoyens tirés au sort auteurs des préconisations, il a enchaîné:

"Mais sur chacun de ces sujets, ce ne sont pas des sujets sur lesquels on peut dire : ‘C’est à prendre ou à laisser, c’est faux’. (…) C’est normal qu’il y ait un travail qui soit encore en train de se faire. Ils n’ont pas, et ce qui est normal, tout prévu et tout pensé. Il y a un travail de, préparation comme pour tout texte de loi. C’est ce qu’on est en train de faire."

Citant alors Cyril Dion, il a déclaré: "Je suis très en colère contre des activistes qui m’ont aidé au début et me disent maintenant qu’il faudrait tout prendre". En élevant encore le ton, il a développé: "Je ne vais pas dire aux parlementaires de prendre le texte des citoyens comme vérité révélée ! (...) De l’autre côté, j’ai 150 citoyens, je les respecte, mais je ne vais pas dire, parce que ces 150 citoyens ont écrit un truc, que c’est la Bible ou le Coran ou que sais-je, dans cette période si tendue je préfère même ne pas prendre ces comparaisons !".

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV