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Intrusion au conseil régional d'Occitanie: condamnation unanime de la classe politique

Selon la présidente de la région, une dizaine de militants du groupuscule Action française ont tenté de s'introduire dans l'hémicycle, avant d'y laisser une banderole "Mort à l'islamogauchisme".

"En envahissant le Conseil régional d'Occitanie, l'extrême droite a une nouvelle fois montré son vrai visage". Emmanuel Macron a vivement condamné l'intrusion de militants d'extrême droite au conseil régional d'Occitanie, dénonçant "une volonté de bâillonner la démocratie et de diviser les Français".

Jeudi, lors d'une assemblée plénière du conseil régional à Toulouse, et alors que la présidente PS de la région, Carole Delga, s'exprimait devant les élus, une dizaine d'individus ont tenté de s'introduire dans l'hémicycle laissant derrière eux une banderole accusant "les islamo-gauchistes".

De La France insoumise jusqu'au Rassemblement national, l'ensemble de la classe politique s'est insurgée contre cette action "inquiétante". Plusieurs responsables de gauche et d'extrême gauche y ont vu le résultat des thèmes développés récemment par l'exécutif.

"Que cette intrusion violente puisse déciller les yeux des pyromanes Darmanin et consorts: vous nourrissez la violence et fracturez le pays", a tweeté le patron d'EELV Julien Bayou, qui plusieurs heures plus tôt pestait contre la polémique sur la mosquée de Strasbourg opposant son parti au gouvernement.

"Signé Macron, Darmanin, Schiappa, Olivier Faure et autres chasseurs d'islamogauchistes et 'd'ambigus'", a aussi dénoncé l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, régulièrement aux prises avec l'exécutif sur les thèmes de la laïcité et de la République.

La députée Insoumise et candidate à la présidence de la région Île-de-France Clémentine Autain a renchéri: "En légitimant l'extrême droite, en reprenant ses discours et ses cibles, le gouvernement lui déroule un tapis rouge. Et quand les digues sautent, la marée monte".

L'ancienne ministre socialiste Ségolène Royal a quant à elle adressé un "soutien chaleureux" à Carole Delga "face à cette violence inadmissible".

"Privilégier le débat au sectarisme"

Le maire Rassemblement national de Perpignan Louis Aliot a lui condamné une "intrusion violente d'extrémistes" qu'il a jugée "inquiétante pour la sécurité du site ainsi que pour l'atteinte démocratique qu'elle représente", et invité à "(privilégier) toujours le débat au sectarisme".

Le candidat RN dans la région Jean-Paul Garraud s'est associé à cette "condamnation". "L'islamisme doit être combattu dans les urnes ; perturber le fonctionnement démocratique n'apportera que de la confusion", a-t-il tweeté.

Le président ex-LR de la région Hauts-de-France et candidat à l'Elysée, Xavier Bertrand, a estimé que "c'est à la démocratie que ces militants d'extrême-droite s'attaquent". "Dans notre République, l'opposition s'exprime par le débat d'idées, jamais par la violence", a-t-il ajouté.

Le président LR de la région Grand Est Jean Rottner a quant à lui condamné "fermement" des "pratiques cherchant à déstabiliser notre pays et nos assemblées représentatives".

Mélanie Rostagnat avec AFP Journaliste BFMTV