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Ile-de-France: quand la majorité socialiste finançait les formations en communication d'élus de droite

Geoffroy Didier, ici en novembre 2015, est l'un des élus franciliens à avoir bénéficié de ces formations.

Geoffroy Didier, ici en novembre 2015, est l'un des élus franciliens à avoir bénéficié de ces formations. - Thomas Samson - AFP

D'anciens élus régionaux de droite ont bénéficié, en 2011, d'onéreuses formations en communication, financées par le contribuable francilien.

Des séances de coaching médias payées par le contribuable? C'est ce dont ont bénéficié, il y a cinq ans, plusieurs conseillers régionaux d'Ile-de-France, révèle Le Parisien ce vendredi. De juin à décembre 2011, sous la mandature socialiste de Jean-Paul Huchon, des élus de l'opposition au sein de la région ont ainsi pu profiter de formations individuelles en communication, financées par la collectivité.

22.724 euros de formation

Parmi les bénéficiaires, on retrouve notamment trois anciens soutiens de Jean-François Copé: Geoffroy Didier, aujourd'hui vice-président de la région Ile-de-France et candidat à la primaire de la droite pour 2017, Pierre-Yves Bournazel, conseiller de Paris, et Géraldine Poirault-Gauvin.

Au total, à eux trois, ces élus de droite, époque UMP, ont bénéficié de 19 jours de formation à "la prise de parole en public" ou encore à "la maîtrise de l'interview", selon Le Parisien, qui cite des documents internes. Le tout pour la somme de 22.724 euros, versés à l'organisme de formation Doxeo, placée depuis en liquidation judiciaire. Il s'agissait en effet d'une ancienne filiale de la société Bygmalion, où Geoffroy Didier et Pierre-Yves Bournazel ont eu même donné des formation en communication.

"Je ne vois vraiment pas où est le problème"

La démarche n'est pas illégale, puisqu'une enveloppe annuelle est réservée à la formation des élus, mais elle s'appuie tout de même sur l'argent versé par le contribuable, qui a indirectement servi à former des membres de Bygmalion.

De leur côté, les anciens élus de l'opposition concernés font valoir leur droit à bénéficier de ces coaching.

"J'assume totalement. J'ai fait valoir ce droit dans le strict respect de la loi", se défend ainsi Geoffroy Didier. "Le problème, c'est que, dès que le nom Bygmalion est évoqué, on s'attend à des choses sulfureuses. Mais en 2011, personne ne pouvait imaginer le scandale qui allait éclater par la suite", ajoute-t-il.

Et de conclure: "L'expression publique est inhérente à la fonction d'élu local. Que l'on cherche à se former pour s'améliorer, c'est au contraire une bonne chose. Je ne vois vraiment pas où est le problème". 

A.S.