BFMTV

Ile-de-France : des députés PS veulent ouvrir les magasins de bricolage le dimanche

Près d'un millier de salariés de 47 magasins d'Ile-de-France, rassemblés dans le collectif des "Bricoleurs du dimanche", ont même manifesté mardi dernier à Paris pour défendre le travail dominical.

Près d'un millier de salariés de 47 magasins d'Ile-de-France, rassemblés dans le collectif des "Bricoleurs du dimanche", ont même manifesté mardi dernier à Paris pour défendre le travail dominical. - -

Dans une tribune, des députés PS ont demandé l’ouverture le dimanche des magasins de bricolage à Paris et en Ile-de-France. Olivier Faure ou encore Malek Boutih expliquent sur RMC pourquoi ils veulent assouplir la loi, alors que le Front de gauche s’y oppose.

C’était un point sur lequel le PS était intransigeant depuis des années, mais les lignes sont en train de bouger à gauche. Des députés socialistes volent au secours des magasins de bricolage franciliens ouverts le dimanche. Plusieurs d’entre eux ont écrit au ministre du Travail Michel Sapin et lui demandent de maintenir l'ouverture des magasins de bricolage le dimanche à Paris et sa région. « Cela doit rester un cas particulier », tempère Olivier Faure, élu de Seine-et-Marne à l'origine de la misssive. « Mais ceux qui ouvrent actuellement doivent pouvoir continuer à le faire ».
Deux raisons à cela, selon les députés. D'abord l'Ile-de-France a des rythmes de vie différents, « de nombreuses familles passent beaucoup de temps dans les transports la semaine pour se rendre à leur travail et ne peuvent donc faire leurs courses que durant le weekend ». Ensuite, les salariés qui travaillent déjà le dimanche ont besoin de cet argent supplémentaire gagné à cette occasion.

1 000 salariés dans les rues

Parmi les 10 signataires PS de cette lettre, on remarque un élu de marque, Bruno le Roux, patron des députés socialistes. Claude Bartolone, président de l'Assemblée Nationale, aurait également apporté son soutien à l'initiative de ces députés, selon Olivier Faure. Ces derniers mois, des procédures judiciaires contre les magasins de bricolage qui ouvrent le dimanche les menacent de fermeture, le syndicat Force Ouvrière assignant systématiquement en justice les enseignes.
Près d'un millier de salariés de 47 magasins d'Ile-de-France, rassemblés dans le collectif des "Bricoleurs du dimanche", ont même manifesté mardi dernier à Paris pour défendre le travail dominical, avec le soutien de leur direction. Chez Leroy Merlin, Castorama et Bricorama, 5 000 à 6 000 salariés (plus de 15 % des effectifs nationaux) seraient concernés par le travail du dimanche en Ile-de-France dans une cinquantaine de magasins, selon la FMB, la Fédération des magasins de bricolage et de l'aménagement de la maison.

« Si vous supprimez le travail le dimanche, c’est une catastrophe »

« Ça fait 25 ans qu’ils sont ouverts, parce qu’on a des rythmes spécifiques à l’Ile-de-France, avec des temps de transport très importants, et les gens n’ont pas la possibilité en semaine de venir dans ces magasins », rappelle Olivier Faure. Le Secrétaire national du PS rappelle aussi que si des magasins sont déjà ouverts le dimanche, leurs employés ont un niveau de vie qu’ils n’ont pas forcément envie de perdre. « Par ailleurs, certains ont fait le choix de travailler le dimanche et viennent me voir aujourd’hui en disant "vous vous rendez compte, quand on a emprunté pour acheter la maison, on avait 300 ou 400 euros en travaillant le dimanche. Si vous supprimez le travail le dimanche, c’est une catastrophe" », témoigne-t-il sur RMC.

« Et pourquoi pas la nuit, aussi ? »

Mais pour Alexis Corbière, le secrétaire national du Parti de Gauche, « il y a suffisamment de magasins ouverts le dimanche ». Le Conseiller de Paris dit donc « ça suffit ». « A Paris, ce sont près de 20% des commerces déjà ouverts. Le dimanche doit être une journée consacrée aux activités associatives, sportives, pour se retrouver, tel que ça a été toujours le cas. Aujourd’hui, si on accepte, d’autres commerces vont réclamer qu’on les ouvre, et finalement, tout le monde va travailler le dimanche. Et pourquoi pas la nuit, aussi ? Au milieu de la nuit, on trouvera toujours des gens qui veulent consommer. Donc protégeons le dimanche ».
Ce mardi matin sur RMC, Malek Boutih avait une opinion moins tranchée. Pour le député PS, s’il faut « préserver le dimanche sans consommation », « le bricolage en temps de crise est indispensable pour beaucoup de Français qui ne peuvent pas faire appel à des professionnels pour les petits travaux ».

Mathias Chaillot avec Jean-Baptiste Durand