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Il y aura bien un vote-sanction aux municipales, et alors ?

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Le PS entérinait ce week-end la composition de ses listes municipales. Harlem Désir, accuse l’UMP de vouloir « dénaturer » le scrutin en en faisant un enjeu national.

N’en déplaise à Harlem Désir, il est certain que les municipales donneront lieu à un vote sanction – ce qui ne veut pas forcément dire un vote punition. C’est certain et même légitime, puisque c’est un scrutin à la fois local et national (on vote dans la France entière), une élection intermédiaire (François Hollande sera à peu près à mi-mandat ) et il n’y a pas d’autre occasion pour les Français de porter un jugement sur la politique du gouvernement. Comme en plus, le PS contrôle l’essentiel des pouvoirs (exécutif et législatif mais aussi dans les grandes collectivités), c’est une soupape démocratique – et puis, vote-sanction de veut pas dire vote sans fond.

Mais est-ce qu'il n

Ce n’est pas contradictoire. On le sait d’avance, l’élection du mois de mars va beaucoup tourner autour des dépenses des municipalités, qui restent trop élevées en période de crise. Les villes ont des charges de personnels souvent disproportionnées (elles ont trop embauché) et parfois des investissements inconsidérés. Cette politique est un critère essentiel pour choisir son maire, et le sujet est directement lié au débat national sur la dépense publique et le niveau des prélèvements. Donc il y aura bien dans cette élection une dimension locale et nationale – mais par-dessus tout une dimension fiscale.

On sait bien que si le PS insiste sur l'enjeu local, c

Les scrutins intermédiaires sont presque toujours un chemin de croix pour le pouvoir. François Hollande a en plus un niveau d’impopularité record et le PS perd toutes les partielles (législatives et cantonales) : ce n’est pas de bon augure. Mais 3 arguments peuvent lui donner espoir : 1. la qualité de ses grands élus locaux (d’autant mieux considérés dans leurs villes qu’ils se tiennent à distance du gouvernement, voire à distance critique comme Gérard Collomb à Lyon). 2. La gauche est plus unie dans les villes qu’au plan national : le PC a préféré minorer ses critiques pour garder ses bastions. 3. Le FN devrait figurer au 2d tour dans une centaine de villes au moins, ce qui peut aider la gauche à garder des villes où elle est en difficulté.

Si le FN fait une percée, est-ce qu'on peut imaginer que l

La dimension nationale du scrutin favorise l’opposition et la gauche contrôle trop de villes pour que la droite ne progresse pas. Cela dit, l’UMP a du mal à apparaître en alternative crédible : elle aussi peut subir un vote-sanction. Le FN, lui, peut gagner quelques villes et augmenter la pression sur l’UMP pour des accords locaux, là la porosité est forte entre les électorats de la droite et de l’extrême-droite – là, ce ne serait plus un vote-sanction mais un vote-transgression. En attendant, Jean-François Copé promettait il y a quelques mois une « vague bleue » ; maintenant, c’est la perspective d’un triomphe de l’UMP qui est devenue… vague.

Hervé Gattegno