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"Il y a urgence": le maire de Clichy-sous-Bois demande des mesures pour aider les quartiers populaires

Olivier Klein, le maire de Clichy-sous-Bois, en 2019.

Olivier Klein, le maire de Clichy-sous-Bois, en 2019. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) appelle, dans Le Parisien, à de nouvelles mesures pour venir en aide aux familles des quartiers populaires, comme un moratoire d'un an sur les expulsions locatives.

"On n'a pas le droit de laisser les 5 millions d'habitants des quartiers populaires aux portes de la République". Ce dimanche, dans les colonnes du Parisien, Olivier Klein (Divers Gauche), maire de Clichy-sous-Bois, souhaite attirer l'attention sur les fractures sociales qui s'accentuent, en pleine crise du coronavirus, dans les quartiers populaires. 

Pour lui, si l'aide exceptionnelle aux familles modestes promises par l'Etat est "indispensable", cela n'est pas pour autant "suffisant". Il plaide ainsi "pour un doublement de la prime de rentrée scolaire" et "un moratoire d'un an sur les expulsions locatives". L'enseignant de profession est également "favorable à une suspension des loyers pendant deux mois". 

"Dans ma ville, des familles sont très inquiètes de ne pas pouvoir faire manger leurs enfants normalement. Il y a deux fois plus de familles qui demandent l'aide du Centre communal d'action sociale et on a vu des queues très importantes lors des distributions d'aide alimentaire des Restos du cœur ou d'ACLEFEU. Ça m'a mis en colère. C'est pourquoi j'ai voulu lancer cet appel au secours. Il y a urgence! Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt", explique-t-il au quotidien. 

"Il faudra en tirer les leçons sur l'accès aux soins"

Olivier Klein assure que les familles de sa ville "respectent bien le confinement" et les qualifient "d'héroïques". 

"Comme partout, il y a des difficultés car ce n'est pas facile pour une famille nombreuse de rester confinée dans un logement insalubre du Chêne-Pointu. Ma ville est l'une des plus jeunes de France et je n'ai pas vu un enfant dans la rue en six semaines", ajoute-t-il.

Concernant la surmortalité liée au Covid-19 qui a touché le département de la Seine-Saint-Denis, dont Clichy-sous-Bois fait partie, il explique qu'il y a "d'abord un non-recours aux soins".

"Contrairement à ce que l'on dit, il n'y a pas de profiteurs dans nos villes. Beaucoup de familles à Clichy-sous-Bois n'ont pas de médecin traitant et ont appelé le 15 trop tard lorsqu'elles avaient des symptômes. La précarité induit aussi des comorbidités: nous avons beaucoup de diabétiques, des cas d'obésité, d'hypertension artérielle. Quand une telle crise vient frapper un territoire si fragile, tout s'accélère compte tenu de la pauvreté et du surpeuplement", souligne-t-il.

Pour lui, "il faudra en tirer les leçons sur l'accès aux soins avec, pourquoi pas, un retour des dispensaires". 

Clément Boutin