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"Il y a eu un déferlement incroyable" après les propos de Castaner

La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn était l'invitée de BFM Politique ce dimanche. Elle est revenue sur la polémique autour du ministre de l'Intérieur, qui, immédiatement après le défilé du 1er-mai à Paris, avait présenté la tentative de quelques manifestants d'entrer dans l'hôpital de la Salpétrière comme une "attaque" avant de faire son mea-culpa.

Invitée d'Apolline de Malherbe sur BFMTV ce dimanche, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a pris la défense de Christophe Castaner après ses propos sur l'intrusion à l'hôpital de Pitié-Salpêtrière le mercredi 1er mai à Paris. Interrogée sur le terme d'"attaque" employé par le ministre de l'Intérieur, Agnès Buzyn a déclaré qu'il n'avait pas parlé "d'attaque délibérée et réfléchie" mais avait recueilli "à chaud" les propos des personnels soignants choqués présents sur place.

"Il y a eu un moment d'intrusion violente (...), des dégradations sur les grilles de l'hôpital. Le personnel présent était très ému de ce qu'il avait vu. On peut jouer sur les mots mais le ministre de l'Intérieur a simplement traduit l'émotion de ce moment (...) On ne rentre pas dans un hôpital. Un hôpital, c'est un sanctuaire."

"Une dérive complète" du mouvement

Agnès Buzyn, qui s'était elle aussi exprimée dès jeudi matin sur ces faits, avait été bien plus prudente, parlant de "tentative d'intrusion". Une nuance qu'elle justifie par le visionnage de plusieurs vidéos:

"J'ai eu la chance de voir après les vidéos qui circulaient et j'ai compris que ce n'était pas une effraction violente (...) Je trouve qu'il y a eu un emballement médiatique, un déferlement incroyable (après ses propos). On ne manipule pas l'opinion publique quand on dit qu'on ne rentre pas dans un hôpital."

Plus généralement, la ministre de la Santé a déploré "une dérive complète" du mouvement des gilets jaunes:

"Le droit de manifester est un droit constitutionnel et je le défendrai toute ma vie avec fermeté (...) Mais il y a aujourd'hui une dérive complète d'un mouvement qui avait des revendications légitimes, et qui ont été entendues. Est ce que c'est normal maintenant d'avoir de telles violences à chaque manifestation?", a déploré la ministre.
Manon Fossat