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"Il faut éduquer": le gouvernement lance une consultation citoyenne sur les discriminations

Huit domaines sont particulièrement concernés par cette consultation: l'emploi, le logement, les transports, la sécurité, l'accès aux loisirs, aux services publics, aux soins et les assurances, banques et mutuelles.

Enrayer les discriminations: une consultation citoyenne en ligne a été lancée ce jeudi à Paris par Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l'Egalité femmes-hommes et de la diversité et Marc Fesneau, ministre délégué à la participation citoyenne. 

Via consultation-discriminations.gouv.fr, les ministres espèrent recueillir des contributions concernant huit domaines: l'emploi, le logement, les transports, la sécurité, l'accès aux loisirs, aux services publics, aux soins et les assurances, banques et mutuelles.

"Aucun sujet tabou"

"Il n'y aura aucun sujet tabou. Toutes les situations de discriminations doivent être mises sur la table", a assuré la ministre lors d'une conférence de presse à Paris. 

Elle souhaite faire de cette consultation de deux mois "un temps fort d'échange et de propositions concrètes et pratiques" ouvert aussi bien aux citoyens qu'aux associations, entreprises et collectivités locales, invitées à s'en faire le relais.

Sur la plateforme, trois niveaux de contribution seront possibles, a précisé Marc Fesneau: "Evaluer les dispositifs, se prononcer sur les nouvelles mesures et déposer une contribution pour faire des propositions concrètes et partager les bonnes pratiques".  

Un rapport public à l'issue

Prévue jusque fin mai, la consultation fera l'objet d'un rapport rendu public et a pour objectif d'alimenter le Plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie et l'homophobie prévu d'ici l'été.

La ministre s'est engagée à recevoir au ministère les auteurs des vingt idées les plus plébiscitées dans le cadre de la consultation.

Sur BFMTV ce jeudi, Elisabeth Moreno a insisté sur le caractère "interministériel" de ce projet de lutte contre les discriminations.

"Il y a encore une fois 25 critères de discrimination qui touchent le logement, le crédit bancaire... Les personnes qui sont porteuses du VIH aujourd'hui, certaines n'ont pas accès aux prêts bancaires", a-t-elle déploré. "Donc il faut éduquer, il faut informer, il faut sensibiliser et c'est la première chose que je recherche", a-t-elle défendu.

Accompagnement des victimes

Le site renvoie également vers la plateforme antidiscriminations.fr, inaugurée mi-février par Elisabeth Moreno et la Défenseure des droits Claire Hedon, pour accompagner les victimes de discrimination en ligne et via un numéro de téléphone (3928).

Depuis, 3000 personnes ont contacté le 3928, 800 chats ont été effectués et 20% des utilisateurs ont par la suite saisi le Défenseur des droits, a annoncé la ministre. 

Clarisse Martin avec AFP Journaliste BFMTV