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"Il est dans le monde des Bisounours": l'horticulteur qui a rencontré Macron se confie à BFMTV

Jonathan se dit "blessé" par le dialogue qu'il a eu samedi avec Emmanuel Macron dans les jardins du palais. Il reproche au président de "prendre tout le monde de haut".

BFMTV a joint, ce mardi, le jeune chômeur qui avait interpellé samedi le président de la République dans les jardins de l'Elysée, lors des Journées du patrimoine. Jonathan, 25 ans, avait alors évoqué sa difficulté à trouver un emploi. De sa rencontre avec Emmanuel Macron il garde un souvenir blessant et dit avoir pris "une claque". 

L'hôte de l'Elysée avait conseillé au jeune horticulteur de "traverser la rue" pour trouver du travail dans l'hôtellerie-restauration, d'aller frapper aux comptoirs des cafés de Montparnasse où la demande est forte. "Je me suis dit, c'est le moment où jamais: 'Pose lui la question par rapport à l'emploi des jeunes, pour moi et pour les autres", explique-t-il. Rétrospectivement, Jonathan juge très durement les conseils dispensés par Emmanuel Macron.

"Il est pas du tout dans la réalité lui. Il est complètement à côté de la plaque. Lui, il est encore dans le monde des Bisounours. Lui, il rêve. Il est président, mais il ne s'occupe pas des personnes qui sont au chômage, il ne s'occupe pas de tout ça." Dans un deuxième temps, Jonathan regrette qu'Emmanuel Macron "prenne tout le monde de haut". "Il est incapable de redescendre au même stade que nous, ou même qu'une personne de son âge. (...) A chaque fois qu'on l'interpelle, il prend tout le monde d haut et il change de version. Ça, ça a été beaucoup dit, et je l'ai remarqué samedi quand je suis parti lui parler."

"Accompagnez-moi"

"J'avais envie de lui dire dans ce cas-là, 'accompagnez-moi à Montparnasse' pour voir, comme il l'a dit, s'il n'y a pas du travail. 'Puisque vous dîtes qu'il y en a, accompagnez-moi pour en trouver.' Ça m'a blessé, ce n'est pas la réponse que j'attendais", a encore confié Jonathan.

Comme beaucoup de chômeurs, Jonathan se désespère d'une situation qui semble s'enliser. "Je reçois des refus, des refus, des refus, des refus. Et pourquoi, je ne sais pas? Je me suis dit pas ailleurs: 'Est-ce que je suis maudit?' Je ne comprends pas pourquoi je reçois des lettres de refus."

"J'ai touché à tout, continue-t-il. J'ai fait la plonge en restauration, de la soudure en métallurgie, ramasser les papiers dehors et ainsi de suite. Ce n'est pas que pour moi, c'est pour tout le monde, pour mon petit frère qui est derrière vous. C'est pareil pour lui plus tard, il va le trouver comment son travail? Il va aller voir monsieur Macron? (...) Vous vous rendez compte le nombre de chômeurs qu'on est en France. Si à chaque fois on doit le voir pour lui dire ça, ce n'est pas normal."

Le jeune homme a finalement décidé de prendre Emmanuel Macron au mot. "Aujourd'hui, j'allais sur Paris, à Montparnasse, comme avait dit monsieur Macron pour y déposer des CV et voir s'il y a du travail".

David Namias