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Hortefeux reprend la main en vantant son bilan

Brice Hortefeux a fait jeudi l'éloge de son bilan dans la lutte contre l'insécurité, en réponse à la médiatisation de plusieurs violences urbaines et à l'implication croissante de Nicolas Sarkozy dans ce dossier. /Photo d'archives/REUTERS

Brice Hortefeux a fait jeudi l'éloge de son bilan dans la lutte contre l'insécurité, en réponse à la médiatisation de plusieurs violences urbaines et à l'implication croissante de Nicolas Sarkozy dans ce dossier. /Photo d'archives/REUTERS - -

Brice Hortefeux a fait jeudi l'éloge de son bilan dans la lutte contre l'insécurité, en réponse à la médiatisation de de plusieurs violences urbaines...

par Clément Guillou

PARIS (Reuters) - Brice Hortefeux a fait jeudi l'éloge de son bilan dans la lutte contre l'insécurité, en réponse à la médiatisation de plusieurs violences urbaines et à l'implication croissante de Nicolas Sarkozy dans ce dossier.

Depuis l'échec de son camp aux élections régionales, le chef de l'Etat a donné des signes de reprise en main de la sécurité en France, dont le ministre de l'Intérieur est chargé.

De nouveaux incidents se sont produits mercredi soir en banlieue parisienne, au lendemain de la présentation par Brice Hortefeux d'un plan de sécurisation des transports.

Pour le ministre de l'Intérieur, ces caillassages ne doivent pas masquer le fait que, depuis sa prise de fonctions en juin dernier, son action a permis, selon lui, une baisse de la délinquance.

"Quand j'ai été nommé à ce poste, la délinquance connaissait une tendance à la hausse. Aujourd'hui, elle est à la baisse", a-t-il dit lors d'une conférence de presse, devant un parterre de préfets et de responsables de la police et gendarmerie nationales.

Selon le bulletin mensuel sur la délinquance publié jeudi par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONRDP), les atteintes aux biens ont baissé de 1% sur les 12 derniers mois par rapport aux 12 mois précédents.

A l'inverse, les atteintes volontaires à l'intégrité physique ont augmenté de 1,9%.

La hausse des "faits constatés de violences physiques non crapuleuses" est cependant la plus faible depuis 2005 et pour l'ensemble des agressions, l'intensité de la hausse a été divisée par deux en quatre mois, dit l'ONRDP.

Les escroqueries et infractions économiques et financières ont diminué de 6,9% mais une modification des règles d'enregistrement pourrait être à l'origine de cette forte baisse, écrit l'observatoire.

SURVEILLANCE

En présentant ce bilan, Brice Hortefeux a insisté sur la baisse des cambriolages et sa lutte contre les "bandes violentes" et le hooliganisme, après deux évènements hautement médiatisés: le décès d'un supporter du Paris Saint-Germain blessé lors d'une rixe avec d'autres supporters parisiens en marge d'un match et la violente agression d'un jeune homme par un groupe de personnes, à Grenoble.

Dans son intervention, le ministre de l'Intérieur a fait sienne la rhétorique de Nicolas Sarkozy, qui occupa ce poste à deux reprises avant d'entrer à l'Elysée.

Il a opposé "les crapules" aux "honnêtes gens", fustigé les "voyous qui ne font pas la différence entre le bien et le mal" et prévenu que "leur business tranquille, c'est fini", par allusion à l'économie parallèle dans les cités sensibles.

Le président de la République surveille désormais de près l'action de son ami, écrit Le Monde dans son édition datée de vendredi.

A sa demande, plusieurs actions "coups de poing" contre le trafic de drogue ont été menées récemment dans des quartiers du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis, en banlieue parisienne.

A plusieurs occasions depuis la fin mars, le chef de l'Etat aurait affirmé, selon Le Monde et Le Canard enchaîné, avoir "tué" la fonction par son action à l'Intérieur, entre 2002 et 2004 puis de 2005 à 2007.

"Je vais m'occuper de la sécurité. Hein, Brice ?", aurait-il dit le 8 avril devant les dirigeants de la majorité, selon le Canard enchaîné.

Nicolas Sarkozy a nommé préfet de Seine-Saint-Denis l'un de ses proches, Christian Lambert, avant de tenir la semaine passée une réunion sur la sécurité à l'Elysée et de rencontrer en personne vendredi les syndicats de policiers.

Pour la députée socialiste Delphine Batho, "jamais un ministre de l'Intérieur, ainsi placé sous tutelle, n'avait autant été infantilisé".

Édité par Gérard Bon