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Hollande a fait une cocue : l'UMP !

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Retour sur les conséquences des annonces du président de la République dans sa conférence de presse.

De quoi se moquer !

Il est trop tôt pour dire si le pacte de responsabilité de François Hollande aura les effets économiques qu’il en attend, mais il a déjà un effet politique : l’embarras de l’UMP, incapable d’exprimer une réponse cohérente. Les durs s’opposent par principe ; les modérés demandent à voir ; quelques francs-tireurs éclairés (François Baroin, Bruno Le Maire) approuvent l’idée. Le problème de l’UMP, c’est que ce que propose François Hollande ressemble étonnamment à son propre programme : baisses de charges et réductions de la dépense publique. Les politologues appellent cela de la triangulation. Ça n’a rien à voir avec un ménage à trois, mais le cocu de l’histoire, c’est l’UMP.

Donc Jean-Luc Mélenchon et le FN ont raison : François Hollande fait une politique de droite ?

Disons, une politique social-libérale, c’est-à-dire de centre gauche - ce qui n’est pas très loin du centre droit. Mais pour l’instant, il ne fait pas : il dit qu’il veut faire. C’est vrai que le patronat dit qu’il est prêt à jouer le jeu, mais il va se montrer dur sur les contreparties que veut obtenir François Hollande et que les syndicats vont réclamer. Dans ce débat, l’UMP va être absente. Alors que les centristes ont vite approuvé le virage de François Hollande, et que le FN et la gauche de la gauche y voient la confirmation de ce qu’ils dénoncent (l’identité de ligne entre le PS et la droite). C’est peut-être une "politique de l’offre" mais pour l’UMP, ce n’est pas un cadeau…

François Fillon, lui, a affirmé que le pacte proposé par François Hollande n

Avec François Fillon, tout est tactique - y compris ses silences, souvent prolongés (par exemple, on ne l’a guère entendu pendant l’affaire Dieudonné…). Il a raison bien sûr de vouloir que le pacte se transforme en actes mais il aura du mal à faire oublier qu’en cinq ans à Matignon, il n’a pas trouvé le temps de faire les baisses de charges massives qu’il juge urgentes aujourd’hui. Surtout, François Fillon a tapé très fort le matin, atténué dans la journée, et le soir il s’est dit "100% d’accord". Il voudrait apparaître en opposant constructif et déterminé ; mais il n’arrive pas à dissiper les doutes sur ce qu’il construit ni sur ce qui le détermine.

Au total, le programme économique de l'UMP est en train de s'imposer, mais l'UMP n'en profite pas

Pas tout le programme de l’UMP mais un de ses points principaux. Ce qui met le parti de Jean-François Copé face à une alternative kafkaïenne: s’il reste cohérent avec lui-même, il approuve le pacte et c’est François Hollande qui en tire les bénéfices ; s’il attaque François Hollande, il se discrédite face au monde de l’entreprise et il se tire une balle dans le pied. Inconvénient supplémentaire : si Nicolas Sarkozy veut revenir, il devra trouver un autre dispositif économique à proposer pour se démarquer de son successeur. On le voit, le pacte proposé par François Hollande vise à augmenter les marges des entreprises ; pour l’instant, il réduit surtout la marge de l’UMP.

Hervé Gattegno