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Hamon, Duflot, Cambadélis: comment ils voient la primaire à gauche

Benoît Hamon, Cécile Duflot et Jean-Christophe Cambadélis ont chacun exprimé leur avis sur une potentielle primaire à gauche.

Benoît Hamon, Cécile Duflot et Jean-Christophe Cambadélis ont chacun exprimé leur avis sur une potentielle primaire à gauche. - Kenzo Tribouillard; Alain Jocard; Joël Saget - AFP; Montage BFMTV.com

INFOGRAPHIE - Le principe d'une primaire à gauche n'est pas encore acté, mais déjà plusieurs voix tentent de se faire entendre pour peser dans son organisation. Avec ou sans François Hollande? Qui doit être candidat? BFMTV.com fait le point.

La gauche va-t-elle réussir à organiser une primaire au-delà du Parti socialiste? Plusieurs appels sont lancés depuis plusieurs semaines pour un scrutin élargi à l'ensemble de la gauche et des écologistes. Mais les contours du scrutin restent flous: qui doit l'organiser, qui sera candidat? François Hollande doit-il y être inclus et si oui, à quelle condition? 

> Benoît Hamon

La primaire, c'est oui? Démissionnaire du gouvernement en août 2014, Benoît Hamon a rapidement expliqué ses attentes: il veut se présenter à une primaire en 2017, comme il l'expliquait à L'Humanité en septembre 2015. "Elle aurait l'avantage d'apporter un débat à gauche qui est nécessaire, et donnerait de la légitimité au candidat de gauche", affirme-t-il quelques semaines plus tard sur BFMTV.

Avec ou sans Hollande? L'ancien ministre se contente de répéter qu'il n'a pas envie d'un face à face entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Et qu'il rêve de "voir émerger des visages et des trajectoires un peu différentes". De son côté, Marie-Noëlle Lienemann a fait savoir qu'elle aussi se présenterait en cas de primaire.

> Les frondeurs du PS

La primaire, c'est oui? Les frondeurs du PS se tiennent prêts. Samedi dernier à l'Assemblée, ils ont voté un "appel à des primaires citoyennes de la gauche". "La balle va être désormais dans leur camp", a dit Christian Paul en évoquant François Hollande et Jean-Christophe Cambadélis.

Avec ou sans Hollande? La primaire "doit être ouverte à tous", affirme Christian Paul. François Hollande "pourrait être tenté de jouer son va-tout" en participant, considère Emmanuel Maurel, frondeur lui aussi, dans Le Figaro. Les membres de l'aile gauche du PS semblent vouloir se confronter au chef de l'Etat. Reste à savoir si l'intéressé voudra bien participer.

> Jean-Christophe Cambadélis

La primaire, c'est oui? D'abord défavorable à l'hypothèse d'une primaire, le patron du PS s'est dit finalement favorable à un scrutin interne à toute la gauche, à condition que François Hollande y participe.

Avec ou sans Hollande? Mais il n'a pas échappé non plus à Jean-Christophe Cambadélis que tous à gauche ne sont pas d'accord sur la méthode. Jean-Luc Mélenchon par exemple, refuse de se présenter face à François Hollande. Pour Jean-Christophe Cambadélis, "il est donc peu probable qu'on mette tout le monde autour de la table pour faire une primaire de toute la gauche. C'est dommage. Parce que la gauche unie gagne les élections".

> Thomas Piketty et Cécile Duflot

La primaire, c'est oui? Economistes, politiques, sportifs ou écrivains: ils sont une dizaine à avoir lancé un appel début janvier dans Libération pour "une grande primaire des gauches et des écologistes". Des personnalités issues de la société civile figurent parmi les signataires. De leur côté, d'autres comme Arnaud Champrenier-Trigano, ex-directeur de la communication de Jean-Luc Mélenchon, et Caroline de Haas ex-PS, travaillent également à un projet. 

Avec ou sans Hollande? Incluant François Hollande, la primaire est "la condition sine qua non pour qu'il y ait un candidat de la gauche et des écologistes au second tour de la présidentielle", affirme Yannick Jadot. "Si Hollande refuse, c'est lui qui va à la faute". "Il doit se re-légitimer dans son camp", selon l'eurodéputé écologiste. Un appel signé quelques jours plus tard par Cécile Duflot. Elle y voit un moyen d'échapper à "l'étau de la désignation par les seuls partis, en remettant en marche la machine à idées (…)". 

> Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon

La primaire, c'est oui? A la gauche de la gauche, les positions sont plus délicates. "Les primaires, ce n'est pas notre culture", reconnaît Pierre Laurent sur BFMTV et RMC. Pourtant, "si nous ne construisons pas ça, nous allons tout droit au scénario catastrophe", prévient-il. "Il faut saisir cette chance".

Avec ou sans Hollande? Pierre Laurent ne répond pas directement à la question. Mais il ne cache pas non plus son envie de faire émerger "une candidature alternative" à celle du chef de l'Etat en vue de 2017. Jean-Luc Mélenchon, lui, a immédiatement fermé la porte. "Moi, je n'y serai pas parce que, quand on va à une primaire, c'est qu'on en accepte le résultat et si Hollande vient, je n'ai aucune raison de le faire alors que je le combats depuis 2012", a-t-il affirmé. 

Ariane Kujawski, Olivier Laffargue et Céline Hussonois