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Grève du 5 décembre: l'exécutif dissémine ses éléments de langage avant d'éventuelles violences

CRS place d'Italie le 16 novembre 2019, lors de la manifestation des gilets jaunes

CRS place d'Italie le 16 novembre 2019, lors de la manifestation des gilets jaunes - Martin Bureau - AFP

Gérald Darmanin comme Sibeth Ndiaye ont appelé vendredi les syndicats et partis politiques à condamner d'éventuels débordements, quelques jours après ceux survenus en marge de l'anniversaire des gilets jaunes. Un souhait qui émanerait d'Emmanuel Macron.

À l'approche de la journée de grève interprofessionnelle du 5 décembre, échaudé par les violences qui ont émaillé le premier anniversaire des gilets jaunes à Paris, l'exécutif se veut inflexible.

Jeudi, rapportait l'Agence France-Presse (AFP), un membre du gouvernement soufflait à des journalistes qu'Emmanuel Macron attendait des partenaires sociaux une condamnation claire des violences avant cette journée, et prévu que l'exécutif serait ferme face à d'éventuels débordements.

Le message semble être passé, puisque l'élément de langage n'a pas tardé à circuler. Interrogé sur RTL ce vendredi, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a ouvert le bal. "Aucun parti politique, y compris ceux qui s'opposent au gouvernement, n'a condamné les violences", a relevé le locataire de Bercy à l'égard des débordements survenus samedi à Paris.

"Il faut que le 5 décembre prochain, ce soit évidemment une manifestation pour ceux qui manifestent contre la réforme des retraites évidemment, mais pas un lieu de violences. Et il faut absolument que les syndicats, mais surtout les partis politiques, n'attendent pas éventuellement que quelque chose ne se passe pas bien. Il faut bien que les forces de l'ordre, la République, soient respectés, et qu'il n'y ait pas de violences."

Même son de cloche chez Sibeth Ndiaye

Invitée au cours de la même matinée sur notre antenne, Sibeth Ndiaye a tenu des propos similaires. "Ce que je constate, c'est qu'après les violences qu'on a constatées le week-end dernier, il n'y a pas eu beaucoup de gens qui se sont précipités pour dire, pour les condamner ces violences, à part dans la majorité. Moi je trouve ça dommage parce que en fait, il faut qu'on puisse préserver ceux qui marchent de ceux qui cassent. Et donc à un moment donné, on ne peut pas dans la classe politique soit ne rien dire, soit laisser le sentiment qu'on peut le cautionner."

Nouveau terrain d'affrontement entre majorité et opposition? "Je ne vise personne en particulier", a toutefois pris soin de préciser la porte-parole du gouvernement en s'esclaffant.

Camille Langlade avec Clarisse Martin