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Grand Paris Express: réalisé « intégralement» en 2030, dit Ayrault

Le Grand Paris Express prévoit notamment l'extension de la ligne 14 du métro parisien jusqu'en banlieue

Le Grand Paris Express prévoit notamment l'extension de la ligne 14 du métro parisien jusqu'en banlieue - -

Jean-Marc Ayrault s'est engagé mercredi à la « réalisation intégrale » du Grand Paris Express pour 2030, afin de désengorger les transports en commun en Ile-de-France et désenclaver des territoires. Un Nouveau Grand Paris plus coûteux et moins ambitieux qu'initialement prévu par Nicolas Sarkozy.

Le Premier ministre a présenté ce mercredi le projet du Grand Paris Express, qu’il a relié à l’amélioration des lignes existantes dans un « plan unique et cohérent » baptisé Nouveau Grand Paris à Champs-sur-Marne, en Seine-et-Marne. Le Premier ministre a détaillé l'échéancier à partir des premiers travaux en 2015 jusqu'à la mise en service de « toutes les lignes en 2030 ». Un projet d’abord annoncé sous le signe des restrictions budgétaires : Si la révolution ferroviaire, destinée à désengorger un réseau vieilli et saturé qu'empruntent quotidiennement plus de 7 millions de voyageurs, n'est pas remise en cause, elle devra se faire à coût réduit.

Economiser 3 milliards d’euros

Estimé en 2008 par le gouvernement Sarkozy à 20,5 milliards d'euros, le coût du projet est en fait de 29,9 milliards d'euros aux conditions économiques actuelles, a déclaré le Premier ministre. La Société du Grand Paris, établissement public en charge des infrastructures de transport et principal financeur, devra présenter un plan permettant de réduire la facture de 3 milliards, a-t-il dit. La société verra ses ressources propres et sa capacité d'emprunt augmenter grâce à un « déplafonnement » du produit des taxes qui lui est versé.

« Le Grand Paris ne sera pas Dubaï-sur-Seine »

Des réductions budgétaires qui donnent un nouveau coup de frein au pharaonique Grand Paris dont rêvait Nicolas Sarkozy mais justifiées par Jean-Marc Ayrault. « Nous avons décidé d’optimiser le projet, notamment en développant des métros aux capacités adaptées là où c'est justifié, et nous pourrons économiser trois milliards d'euros ». Les promoteurs du Grand Paris voulaient dans un premier temps redessiner radicalement la région capitale pour transformer une métropole alanguie en un pôle urbain dynamique à l'image de New York, Tokyo ou Hong Kong. La ministre de l'Egalité des territoires et du Logement, Cécile Duflot, avait brisé leur rêve en déclarant en juin dernier qu'il fallait d'abord améliorer le quotidien des Franciliens en mettant l'accent sur les transports et le logement. « Le Grand Paris ne sera pas Dubaï-sur-Seine », avait déclaré la ministre, lors de l'une de ses rares interventions sur un dossier qui continue de susciter débats et controverses, plus de cinq ans après son lancement par Nicolas Sarkozy.

Une Métropole de Paris créée en 2016

Si ce Paris du futur n'est plus d'actualité dans un contexte économique morose, l'ambition de transformer la "ville lumière" en métropole demeure, a assuré mercredi Jean-Marc Ayrault. La coopération entre Paris et une trentaine de pôles, de 200 000 à 300 000 habitants chacun, sera renforcée à travers la création, le 1er janvier 2016, d'un établissement public, la Métropole de Paris, a-t-il précisé. Cette nouvelle structure, qui devrait être coiffée par un conseil métropolitain, aura notamment pour but de développer la solidarité entres les zones les plus favorisées et les moins bien loties de l'agglomération parisienne, au sein de laquelle les écarts sont considérables. L'instance politique, dont la création est inscrite dans le projet de loi sur la décentralisation, disposera d'une enveloppe pour aider les maires de banlieue à bâtir, pour viser l'objectif de 70 000 nouveaux logements par an fixé par la loi sur le Grand Paris de 2010.

Deux milliards d’euros pour la rénovation des transports existants

Jean-Marc Ayrault a décidé d’allouer deux milliards d’euros supplémentaires, pris à la Société du Grand Paris (SGP), afin de financer la modernisation et le développement des transports franciliens existants. « Le Nouveau Grand Paris est financé pour le réseau existant. J'ai en effet décidé d'affecter deux milliards d'euros supplémentaires aux opérations de modernisation et de développement de ce réseau » a déclaré le Premier ministre. « Tous les chantiers seront donc mis en œuvre, dont les tramways, et notamment ceux qui me tiennent à cœur comme le T4, qui desservira Clichy-sous-Bois et le plateau de Montfermeil », en Seine-Saint-Denis, a souligné le Premier ministre. Ces banlieues mal desservies avaient été le foyer des émeutes de 2005.

Claire Béziau, avec agences