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Grand débat: Macron en visite surprise dans un centre social jeudi à Bordeaux

Remédier aux difficultés rencontrées par les mères isolées fait partie des impératifs du grand débat. En visite surprise dans un centre de réinsertion professionnelle à Bordeaux, le chef de l'Etat a proposé "des mécanismes de garantie" des paiements de pensions alimentaires non-honorés.

A la veille de son débat avec des élus à Bordeaux, Emmanuel Macron a effectué ce jeudi en fin d'après-midi une visite surprise dans un Centre d'insertion professionnelle à Caudéran, quartier résidentiel bordelais.

Accompagné de Christelle Dubos, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, le chef de l'Etat s'est invité à un goûter organisé dans ce centre qui aide les projets professionnels des parents en difficultés, en particulier les parents isolés. Les personnes accueillies et le personnel attendaient la secrétaire d'Etat mais n'avaient pas été averties de la visite présidentielle.

"Vous m'avez l'air motivées"

Dans une ambiance détendue, plusieurs femmes se sont succédé pour raconter leur quotidien et comment la formation les avaient aidées. "Je suis venue pour donner un avenir à mes enfants parce qu'il y a beaucoup de problèmes à la Réunion. Aujourd'hui ma vie a totalement changé", a raconté une femme originaire de la Réunion. Une autre, qui se présente comme Chloé, 27 ans, explique comment après avoir fait des ménages, elle s'est découvert une "passion" pour le travail social et comment elle a trouvé un emploi à la CAF.

"Vous m'avez l'air motivées là", leur a lancé Emmanuel Macron, déclenchant des rires. "Ne lâchez rien", a-t-il ajouté.

Durant cette visite surprise, le chef de l'Etat a également proposé "des mécanismes de garantie" des paiements de pensions alimentaires non-honorés, ainsi qu'un "système où l'on puisse recouvrer beaucoup plus rapidement possible cet argent auprès des mauvais payeurs". 

Aider les mères isolées

"Je le dis très clairement: je veux rassurer en particulier les associations, on n'ira pas vers la dépénalisation du non-paiement des pensions alimentaires, je veux même aller plus loin: je veux qu'on crée les moyens d'apporter une réponse concrète, rapide", a expliqué le président de la République.

"C'est-à-dire que pour - la plupart du temps, ce sont les mères qui sont seules et à qui la pension n'est pas payée - on ait un système où l'on puisse recouvrer beaucoup plus rapidement cet argent auprès des mauvais payeurs et qu'on puisse même avoir des mécanismes de garantie pour les accompagner", a poursuivi Emmanuel Macron au Centre d'insertion professionnelle.

97% des personnes accueillies dans ce centre construit par la CAF sont des femmes et près de la moitié sont des mère isolées. Leurs difficultés font partie des thématiques repérées par l'exécutif dans le grand débat, a expliqué un porte-parole de Christelle Dubos, ex-députée LaREM de Gironde et ex-travailleuse sociale. "Ce sujet impliquera des réponses", dans les conclusions du grand débat, a promis le président de la République. 

A la recherche de la spontanéité

Le président de la République a multiplié les visites surprise et tenues secrètes jusqu'au dernier moment en marge du grand débat lancé le 15 janvier, son staff invoquant des raisons de sécurité mais aussi surtout de spontanéité des échanges.

Ces visites "secrètes" sont désormais guettées par la presse qui tente de deviner ses destinations. Au point que de nombreux journalistes attendaient jeudi près du centre où était annoncée la secrétaire d'Etat, au cas où.

Après le centre de Caudéran, des médias locaux s'attendaient à ce qu'Emmanuel Macron se joigne dans la soirée au débat organisé par la secrétaire d'Etat à l'Egalité Femmes-Hommes Marlène Schiappa à Pessac, ce que l'Elysée n'a pas confirmé.

Ambre Lepoivre avec AFP