BFMTV

Yémen: Fabius s'alarme de la "catastrophe absolue" au lendemain des attentats

Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius, samedi matin au Mont-Saint-Michel.

Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius, samedi matin au Mont-Saint-Michel. - Damien Meyer - AFP

Le ministre des Affaires étrangères a qualifié de "catastrophe absolue" des attentats perpétrés vendredi au Yémen dans plusieurs mosquées de la capitale. Au moins 142 personnes ont été tuées.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'est alarmé samedi de la "catastrophe absolue" au Yémen, au lendemain des attentats dans des mosquées de la capitale, Sanaa, qui ont fait au moins 142 morts.

"Actuellement, c'est une catastrophe absolue", a déclaré le ministre à la presse en marge d'un déplacement au Mont-Saint-Michel, où il était venu défendre le tourisme français à l'occasion de la "marée du siècle".

"La folie meurtrière" d'un conflit entre chiites et sunnites

"C'est un drame absolu. Vous avez vu la folie meurtrière, maintenant plus de cent personnes tuées, et avec un conflit qui est à la fois chiites/sunnites et en même temps se complique", a-t-il déclaré aux côtés du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. "Ca fait partie de ces pays où la crise s'aggrave chaque jour", a observé Laurent Fabius.

"Il faut demander que le conseil de sécurité des Nations unies, qui a envoyé un émissaire particulier (Jamal Benomar, ndlr) puisse arriver à établir une situation qui évite à la fois la partition, parce que c'est ça un des grands risques, et qui permette de rétablir une situation ordinaire", a-t-il ajouté.

Au moins 142 personnes ont été tuées vendredi à Sanaa dans les premières attaques revendiquées au Yémen par l'organisation Etat islamique (EI), qui a frappé des mosquées fréquentées par des chiites, dont des miliciens houthis.
Laurent Fabius en a profité pour démentir les rumeurs faisant état ces derniers jours d'une libération de la Française Isabelle Prime, enlevée le mois dernier au Yémen.

Aucune confirmation de la libération d'Isabelle Prime

"Je tiens à dire, puisqu'il y a des bruits qui concernent notre compatriote Mme Prime, qu'au moment où je vous parle, ces bruits ne sont pas confirmés", a-t-il dit. Interrogé sur le sort de la jeune femme âgée de 30 ans, il s'est borné à déclarer: "Il faut faire preuve toujours dans ces affaires à la fois de beaucoup de détermination et de beaucoup de discrétion".

Isabelle Prime, qui travaillait pour une société sous-traitante d'un programme en partie financé par la Banque mondiale, et son interprète yéménite, Chérine Makkaoui, ont été enlevées le 24 février à Sanaa par des hommes déguisés en policiers.

Des chefs tribaux et des miliciens chiites houthis, qui contrôlent Sanaa depuis fin janvier, ont été sollicités pour obtenir la libération des deux femmes, mais l'absence d'autorités légitimes dans la capitale et le départ des diplomates occidentaux compliquent les recherches.

D. N. avec AFP