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Vote de confiance: quelle majorité pour Manuel Valls?

Le gouvernement de Manuel Valls obtiendra-t-il la confiance à l'Assemblée?

Le gouvernement de Manuel Valls obtiendra-t-il la confiance à l'Assemblée? - -

INFOGRAPHIE - Le nouveau Premier ministre connaît ses adversaires habituels qui ne voteront pas la confiance. Au terme de son discours de politique générale mardi à 15h à l'Assemblée nationale, l'inconnue réside en son camp dans le soutien apporté par le groupe socialiste.

On imagine que ces derniers jours, Manuel Valls a dû tenir les comptes. Au matin de son grand oral, ils sont les suivants. Sans surprise, l’opposition n’accordera pas sa confiance au nouveau Premier ministre à l'issue de son discours de politique générale, ce mardi à l'Assemblée nationale: UMP (199), UDI (29 sans Jean-Louis Borloo), Front gauche (10) et quelques non-inscrits, soit un total de 250 députés voteront contre la confiance parlementaire appelée de ses voeux par le nouveau chef du gouvernement.

Selon toute vraisemblance, il paraît très improbable que la confiance ne soit pas votée ce mardi. Le décompte le plus pessimiste pour le gouvernement, en imaginant que tous les députés viennent voter dans le sens de leur groupe, montre malgré tout une bonne allonge pour la majorité (Parti socialiste et radicaux), qui peut se payer le luxe d'obtenir la confiance sans EELV et malgré une quinzaine de dissidents.

(RRDC: groupe Radical, républicain, démocrate et progressistes, soit les radicaux; GDR: Gauche démocrate et républicaine, soit l'extrême gauche; NI: non inscrits, comprenant les trois députés d'extrême droite)

En effet, au sein de la majorité présidentielle, la décision des 17 députés écologistes, partagés entre soutien et abstention après leur sortie du gouvernement, sera scrutée et est attendue peu après 10h ce matin. Mathématiquement donc, la confiance des socialistes - 275 membres plus 16 apparentés - et des radicaux - 17 inscrits - suffit au bonheur de Manuel Valls puisque le majorité absolue est de 291.

Mais le Premier ministre se méfiera de la grogne de quelques 80 députés de l’aile gauche qui réclament une ligne plus sociale et la fin de la politique d'austérité prônée par Bruxelles. Manuel Valls ne fera pas le plein dans son camp mais pour mettre à mal son gouvernement, il faudra que près de 60 députés s'abstiennent ou votent contre.

L'autre enjeu, moins politique, de ce discours est de donner le coup d'envoi du "gouvernement de combat" voulu par François Hollande. Et si les parlemementaires devraient accorder leur confiance, l'opinion reste toujours mesurée en ce qui concerne Manuel Valls. Et même hostile envers le chef de l'Etat.

S.A. et Olivier Laffargue