BFMTV

Valls sur la loi Travail: "Nous souhaitons bâtir un compromis dynamique et ambitieux"

Après avoir reçu vendredi matin les organisations étudiantes et lycéennes pour poursuivre son opération de déminage sur le projet de loi Travail, le Premier ministre s'est félicité d'un "dialogue utile". L'Unef a de son côté appelé à "amplifier" le mouvement de contestation.

Manuel Valls a expliqué vendredi vouloir "bâtir un compromis dynamique et ambitieux" autour du projet de loi sur le travail, dont il promet de "corriger, rectifier, changer ce qui doit l'être", au sortir d'une rencontre avec les organisations étudiantes et lycéennes.

"Nous avons depuis lundi considéré avec les ministres que ce dialogue avait été utile. Il nous a permis de rappeler les objectifs du texte", a déclaré à la presse le Premier ministre lors d'une déclaration à l'hôtel de Matignon. 

"C’est-à-dire renforcer le dialogue social au niveau des entreprises et des branches (...). Deuxième grande priorité, lever les barrières à l’accès du marché du travail. Quand on connaît un chômage de masse comme celui que nous connaissons en France depuis trente ans, on doit lever ces obstacles, notamment faire en sorte que le CDI au niveau de l’embauche redevienne progressivement la règle. Et le troisième objectif, c’est donner et garantir de nouveaux droits, de nouvelles protections aux salariés", a détaillé Manuel Valls.

"Nous souhaitons, avec Myriam El Khomri et Emmanuel Macron, bâtir un compromis qui soit dynamique et ambitieux pour les entrepreneurs et pour les salariés de ce pays", a-t-il ajouté.

"Réformer, ça n'est pas brutaliser"

"Réformer, ça n'est pas passer en force, ça n'est pas brutaliser", a poursuivi Manuel Valls qui entend "corriger, rectifier, changer ce qui doit l'être, lever les ambiguïtés et répondre aux interrogations qui se sont fait jour, non seulement de la part des organisation patronales, syndicales et de la jeunesse, mais d'une manière générale dans la société".

"Lundi prochain, nous tirerons devant l'ensemble des partenaires sociaux les conclusions de cette semaine de dialogue pour pouvoir avancer, et adresser ensuite les modifications les changements qui s'imposeront au Conseil d'Etat afin que le Conseil des ministres du 24 mars prochain puisse adopter ce texte de loi", a également dit le Premier ministre.

"Ce sentiment d'angoisse, nous l'entendons"

Après les syndicats et le patronat, Manuel Valls recevait vendredi les organisations étudiantes et lycéennes, deux jours après les premières manifestations contre ce projet de loi. Au sortir de cette rencontre, le président de l'Unef William Martinet a déclaré que "le désaccord de fond rest(ait) entier" et a appelé à "amplifier" la contestation, tandis que son homologue de la Fage a indiqué que "la porte n'(était) pas fermée" avec le gouvernement.

"Ce sentiment d'angoisse par rapport à l'avenir, de précarité, nous l'entendons", "il serait absurde de (le) nier", a réagi le Premier ministre qui a rappelé que "la jeunesse (était) la priorité du quinquennat de François Hollande".

"A cette angoisse, nous devons répondre à la fois par la liberté et par la sécurité. Et cette sécurité, à travers des droits à la formation, nous devrons bien sûr les proposer. (...) "Nous aurons donc également sur ces sujets-là l'occasion d'y revenir lundi", a-t-il ajouté.

V.R. avec AFP