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Valls "choqué" par les vociférations contre le centre SDF dans le XVIe arrondissement

Manuel Valls a exprimé mardi la "détermination" de l'Etat à soutenir le projet de centre d'accueil de sans-abris dans le XVIe arrondissement de Paris.

Manuel Valls a exprimé mardi la "détermination" de l'Etat à soutenir le projet de centre d'accueil de sans-abris dans le XVIe arrondissement de Paris. - Jacques Demarthon - AFP

Manuel Valls a exprimé mardi la "détermination" de l'Etat à ouvrir un centre de SDF dans le XVIe arrondissement au lendemain d'une réunion d'information qui a tourné à la foire d'empoigne dans ce quartier cossu de Paris.

Christophe Caresche est revenu mardi lors des questions au gouvernement sur les incidents qui ont eu lieu lundi soir lors de la présentation d'un projet de centre d'hébergement d'urgence en bordure du bois de Boulogne, lundi soir à Paris Dauphine.

"Certains y verront que la confirmation que la grossièreté et la vulgarité se jouent des barrières de classe, et en tous les cas, qu'elles ne s'arrêtent pas aux portes du XVIe arrondissement", a glissé le député socialiste de Paris en demandant au gouvernement de "tenir bon" sur ce sujet: "reculer serait donner raison aux égoïsmes les plus médiocres".

Alors qu'il rappelait le peu d'effort de cet arrondissement en matière d'hébergement d'urgence, les caméras de l'Assemblée nationale ont capté le député-maire de l'arrondissement Claude Goasguen (LR), opposant au projet, levant les yeux au ciel.

"Chacun doit assumer ses responsabilités"

"Rien ne peut justifier les insultes et les menaces dont la représentante de l'Etat a été l'objet", a regretté Manuel Valls, qui s'est dit "profondément choqué des conditions dans lesquelles les choses se sont passées".

"Nous sommes conscients qu'il y a des égoïsmes, qu'il y a de la démagogie. Mais il n'est pas juste que certains souhaitent se dérober à l'effort en matière de solidarité et de lutte contre la pauvreté. Chacun doit assumer ses responsabilités", a poursuivi le Premier ministre.

Il a assuré que le gouvernement soutenait "pleinement le projet" de ce futur centre en bordure du Bois de Boulogne qui doit accueillir 200 personnes, car ce projet "est nécessaire et exemplaire".

A Paris, "plus de 30.000 personnes sont mises à l'abri chaque jour. 78 centres d'hébergement les accueillent et aucun n'existe dans le XVIe", a poursuivi le Premier ministre, "son ouverture en juin est un élément indispensable pour partager l'effort afin de ne pas concentrer l'accueil des populations en difficulté uniquement dans les quartiers les plus populaires".