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Thierry Mandon sur Jean-Marie Le Pen: "C'est le moment de vérité au FN"

Thierry Mandon, secrétaire d'Etat chargé de la Réforme de l'Etat et de la Simplification, sur le plateau de BFMTV-RMC, le 9 juin 2014.

Thierry Mandon, secrétaire d'Etat chargé de la Réforme de l'Etat et de la Simplification, sur le plateau de BFMTV-RMC, le 9 juin 2014. - -

Thierry Mandon a été nommé secrétaire d'Etat chargé de la Réforme de l'Etat et de la Simplification, la semaine dernière. Invité de BFMTV-RMC lundi matin, il en dit plus sur la mission qui l'attend. Et en a profité pour tacler Jean-Marie Le Pen et défendre la réforme territoriale.

Thierry Mandon, nouveau "monsieur simplification" du gouvernement. Nommé mardi dernier secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et à la Simplification, le porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée est l'invité de BFMTV-RMC, lundi matin. Propos de Jean-Marie Le Pen, réforme territoriale... Voici ce qu'il fallait retenir de son interview.

# Le tacle à Jean-Marie Le Pen

Interrogé sur les paroles de Jean-Marie Le Pen, qui s'en prenait dimanche au chanteur Patrick Bruel, le porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée a ouvertement condamné cette sortie du président d'honneur du Front national. "Ce sont des propos de déshonneur mais c'est une confirmation. Il n'aime pas musulmans, il n'aime pas les juifs et je crois qu'il n'aime pas le peuple", a estimé Thierry Mandon.

Marine Le Pen a-t-elle suffisamment condamné ces propos? "Ce n'est pas facile car c'est son père et que l'appareil du FN pense comme lui", a souligné Thierry Mandon, sans vouloir jauger l'attitude de la présidente du FN. Toutefois, selon le porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée, c'est la présence même de Jean-Marie Le Pen au sein du FN qui doit être remise en cause. "C'est le moment de vérité au FN. On ne peut pas garder comme président d'honneur quelqu'un qui est le désonneur permanent, a-t-il affirmé. Si le FN ne peut pas se passer de Jean-Marie Le Pen, alors c'est un aveu."

#Le "pudding" territorial

La réforme territoriale a suscité nombre de critiques et d'interrogations, notamment concernant la "super-région" de Poitou-Charentes fusionnée avec le Limousin et le Centre. "Cette fusion a un sens, a défendu Thierry Mandon, c'est de marier des régions dynamiques et d'autres qui ont besoin de ce dynamisme."

Le nouveau monsieur simplification du gouvernement a justifié cette nouvelle carte de 14 régions, présentée par François Hollande la semaine dernière, en déplorant un maillage à repenser. "Ce n'est pas un millefeuille, comme on le dit souvent: c'est du pudding. Il faut organiser tout ça."

Et de balayer les accusations de petits arrangements entre amis dont auraient bénéficié les proches de François Hollande dans cette nouvelle carte de France. "On nous dit: François Hollande s'est arrangé avec ses copains. Ce n'est pas vrai. Le président a proposé sa carte, que ça plaise ou pas. Maintenant, les parlementaires ajusteront."

#L'engagement: "des fontionnaire moins nombreux mais mieux payés"

Après le redécoupage régional, l'Etat doit-il repenser d'autres institutions, comme les rectorats, alors que les vacances scolaires des nouvelles régions s'apparentent à un nouveau casse-tête? "Prenons l'exemple de la région parisienne, qui compte deux rectorats. Mon sentiment est que si on gérait de façon plus proche du terrain, on travaillerait mieux."

"Ce n'est pas possible de réorganiser le territoire sans bouger l'Etat", a encore estimé Thierry Mandon, affirmant que Bernard Cazeneuve travaillait actuellement à une simplification de l'organisation de ses agents.

"Il faut concentrer l'Etat pour le rendre plus puissant", a encore insisté Thierry Mandon, évoquant notamment les services de l'éducation, de la police et de la justice, et estimant qu'il fallait "des fonctionnaires moins nombreux, mieux payés et digitalisés".

#La point "gravité"

Enfin, interrogé sur les différends entre les parlementaires PS et le gouvernement, à l'image de celui opposant François Rebsamen à Jean-Christophe Cambadélis sur les seuils, Thiery Mandon a estimé que les députés socialistes ne joueraient a priori pas les trouble-fête lors des votes d'adoption des projets de loi du gouvernement.

"Depuis le score du FN aux Européennes, il y a de la gravité dans les débats. Et je pense qu'avec cette gravité, les députés sauront trouver le chemin de la responsabilité."

Sandrine COCHARD