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Taxe de séjour dans les hôtels: Laurent Fabius tacle les députés

Laurent Fabius au Quai d'Orsay, le 19 février 2014.

Laurent Fabius au Quai d'Orsay, le 19 février 2014. - -

Le ministre des Affaires étrangères s'insurge dimanche contre le vote à l'Assemblée nationale de l'augmentation de la taxe de séjour en Ile-de-France, et du plafond de la taxe dans le reste de l'Hexagone.

A l'heure où Laurent Fabius veut booster le tourisme en France, les députés ont adopté mercredi soir à l'Assemblée deux amendements, qui contribuent notamment à l'augmentation de la taxe de séjour en Ile-de-France. Une décision qui ne passe pas auprès du ministre des Affaires étrangères: dimanche, il s'est fendu d'un communiqué assassin.

Il estime ainsi "impératif de renoncer" à ce texte, car ces hausses "sont dangereusement et totalement contraires à la promotion du tourisme qui est une priorité pour l'emploi et l'équilibre extérieur de la France". Il enjoint les parlementaires à "trouver d'autres pistes".

Au grand dam des professionnels de l'hôtellerie, les députés ont en effet décidé de quintupler le plafond de la taxe de séjour pour les hôtels 3, 4 et 5 étoiles en France, qui pourra grimper jusqu'à 8 euros pour les établissements les plus luxueux, contre 1,50 euros actuellement. Regrettant leur adoption "sans concertation avec les professionnels", le ministre pointe également le fait qu'elles "sont contradictoires avec l'engagement solennel pris par le Président de la République et le Premier ministre de stopper l'alourdissement inconsidéré des taxes".

"Incohérence, une fois de plus, du gouvernement"

Joint par BFMTV, Gilles Carrez, député UMP et président de la commission des Finances, ne décolère pas. "Je remarque l'incohérence, une fois de plus, du gouvernement. Le ministre des Finances, jeudi, a donné son accord à ces amendements, et Laurent Fabius se réveille dimanche pour dire qu'il n'est pas d'accord."

Le député estime qu'il y a "deux sujets distincts": "Nous avons créé une taxe spéciale qui ne s'appliquerait qu'en Ile-de-France et serait plafonnée à un montant de 2 euros pour permettre l'amélioration des transports". Et second sujet", "l'augmentation du plafond à 8 euros pour l'ensemble de la France". Là-dessus, Gilles Carrez admet que les parlementaires "ont eu la main lourde". Mais il insiste sur la nécessité d'accueillir les touristes "avec un bon service public". "Et cela, le tourisme doit aussi y contribuer".

A. G. avec AFP