BFMTV

Roms: "Il faut chercher à les faire retourner d'où ils viennent", selon Le Foll

Stéphane Le Foll, le 4 avril.

Stéphane Le Foll, le 4 avril. - -

Le porte-parole du gouvernement a réagi, ce mardi sur RTL, à la question des Roms, rejetant toute idée d''invasion", alors qu'une note interne de la police parisienne donne pour consigne d'"évincer" les Roms du 6e arrondissement de la capitale.

Interrogé ce mardi sur les Roms, alors que Le Parisien a révélé l'existence d'une note interne de la police du 6e arrondissement de Paris demandant leur éviction, Stéphane Le Foll, le nouveau porte-parole du gouvernement Valls, a réfuté le terme d'"invasion" mais estimé qu'il fallait "chercher à les faire retourner d'où ils viennent, en Roumanie ou en Bulgarie" au nom d'une "politique qui doit garder sa dimension humaine".

Pas d'"invasion"

A un auditeur en colère contre une "invasion" de camps, "véritables bidonvilles" près de Paris, le ministre a répondu: "Je ne crois pas qu'il y ait à dire ce matin qu'il y a une invasion et qu'il y aurait une augmentation du nombre de Roms qui arriveraient aujourd'hui". Mais "c'est une réalité et je ne vais pas contester qu'il y a ce bidonville". Seulement, a dénoncé Stéphane Le Foll, "voilà comment on présente le débat: 'ça y est, il y a une invasion, c'est l'explosion générale, on est envahi, etc'. Essayons de remettre un tout petit peu de rationalité: oui il y a un problème, oui ça dure, oui on ne peut pas accepter que des gens vivent dans des bidonvilles", a martelé Stéphane Le Foll.

"Il faut chercher à les faire retourner d'où ils viennent, en Roumanie ou en Bulgarie et éviter qu'il y en ait qui reviennent ou qui viennent", selon le porte-parole du gouvernement, qui a évoqué au passage le rôle de l'Europe. "On est sur une politique de fermeté qui doit garder sa dimension humaine", selon lui.

"Derrière ce problème, il y a des hommes, des femmes, des enfants"

Questionné sur ce que Le Parisien présente ce mardi comme une note interne au commissariat du très cossu 6e arrondissement de Paris, et qui recommande d'"évincer systématiquement" les familles roms, Stéphane Le Foll a éludé: "Que des policiers fassent des notes pour dire: voilà, nous, on pense qu'il faudrait faire ci ou ça, par rapport à une réalité..." "On a des règles, il y a des principes, il y a au niveau de la préfecture de police des missions et objectifs donnés".

"L'objectif, c'est d'éviter que des gens qui, dans la capitale, parce qu'ils sont dans une situation de difficulté et de pauvreté, finissent par rendre tout le monde extrêmement nerveux et n'acceptent plus cette présence, a précisé Stéphane Le Foll, avant d'ajouter: "On est obligé de réguler tout ça, d'être clairs sur tout ça, ne pas considérer comme s'il ne se passait rien", a dit Stéphane Le Foll.

"Il y a un problème mais derrière ce problème, il y a des hommes, des femmes, voire des enfants. Donc ça ne se traite pas comme si c'était un simple problème qu'on pouvait régler avec deux ou trois décisions. Non, c'est plus compliqué", selon le ministre et proche du chef de l'Etat.

A.S. avec AFP