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Quand Bertrand rappelle à Macron ses propos sur les migrants à Calais

En mars, Emmanuel Macron avait menacé Londres de revoir les accords du Touquet qui fixent la frontière britannique à Calais en cas de Brexit. Sa position était moins tranché lundi ce qui a provoqué un échange cocasse avec Xavier Bertrand.

"Le jour où cette relation sera rompue, les migrants ne seront plus à Calais", avait averti sans détour Emmanuel Macron dans une interview en mars. Maintenant que les Britanniques ont effectivement voté pour une sortie de l'Union européenne, les propos du ministre de l'Economie sont un peu moins "clairs", juge Xavier Bertrand, président Les Républicains du conseil régional des Hauts-de-France.

En déplacement lundi à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais, Emmanuel Macron a déclaré qu'il était "indispensable" d'être "plus exigeants avec les Britanniques sur ce sujet". "Est-ce que la dénonciation pure et simple du jour au lendemain de ces accords (du Touquet, Ndlr) est la solution? Je ne suis pas sûr que ce soit aussi simple", a également déclaré le ministre, provoquant un échange cocasse avec Xavier Bertrand.

On va pas se raconter d’histoires. Un ministre est tenu à une solidarité gouvernementale. C’est Bernard Cazneuve qui gère le dossier, mais il [Emmanuel Macron, ndlr] en pense pas moins.

Xavier Bertrand plaide, lui, depuis de longs mois pour une renégociation des accords du Touquet, signés en 2003 entre la France et le Royaume-Uni dans le contexte de la fermeture du camp de Sangatte. L'accord bilatéral était censé permettre, entre autres, un partage du contrôle des frontières entre la France et l’Angleterre pour une meilleure régulation des flux migratoires. Il établit que le contrôle de la frontière britannique se fait du côté français de la Manche.

Cazeneuve opposé à un déplacement de la frontière

Emmanuel Macron l'a dit lui-même, c'est le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve qui aura à s'exprimer sur le sujet dans les prochains jours. Il l'avait déjà fait en février, et sa position était opposée à celles de Xavier Bertrand et Emmanuel Macron.

"Repousser la frontière de l’autre côté de la Manche n’empêcherait en rien la formation d’un campement de ce côté-ci de la Manche. Dire le contraire, c’est mentir", expliquait Bernard Cazeneuve. "Par ailleurs, les Britanniques, qui ne sont pas dans l’espace Schengen (l’espace de libre circulation en Europe, dlr), pourraient aisément refouler à leur frontière ceux qui voudraient la traverser. Ouvrir la frontière comme certains le proposent de façon irresponsable, ne ferait que recréer une attractivité de Calais pour les flux de migrants qui traversent l’Europe dans l’espoir de rejoindre le Royaume-Uni. Nous ne devrons pas faire le jeu des passeurs qui sont des acteurs de la traite des êtres humains", plaidait-il.

K. L. avec Salhia Brakhlia