BFMTV

Quand Ayrault marque sa différence avec Valls sur les réfugiés

Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls en avril 2014 quand le second a remplacé le premier à Matignon

Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls en avril 2014 quand le second a remplacé le premier à Matignon - Lionel Bonaventure - AFP

Les relations entre les deux Premiers ministres du quinquennat Hollande ne sont pas bonnes. Et si au Quai d'Orsay, Jean-Marc Ayrault, germanophile convaincu, ne rend des comptes qu'à François Hollande, il estime toujours que le locataire de Matignon l'a mis à la porte en mars 2014.

Un mois après son retour au gouvernement, Jean-Marc Ayrault vient de faire un premier accroc à la solidarité gouvernementale demandée par François Hollande. En effet, le successeur de Laurent Fabius au ministère des Affaires étrangères a pris le contre-pied Manuel Valls sur la question des réfugiés, estimant que la chancelière allemande Angela Merkel avait "moralement et politiquement raison" d'ouvrir les portes de son pays.

"Je pense que lorsqu'elle se fixe sur ce principe du droit d'asile, elle a à la fois moralement et politiquement raison", a déclaré Jean-Marc Ayrault à iTélé. Ces propos sonnent comme un défi à celui qui l'avait remplacé à Matignon au lendemain des municipales

Sur la ligne de Martine Aubry?

C'est la deuxième fois que Manuel Valls est brocardé pour ses propos tenus à Munich. "Il faut un message très clair qui dise 'maintenant, nous n'accueillons plus de réfugiés'", avait-il jugé en s'opposant à Angela Merkel.

Les signataires de la "tribune Aubry" avaient répondu en dénonçant "la meurtrissure de l’indécent discours de Munich. (...) Non, Angela Merkel n’est pas naïve, Monsieur le premier ministre. Non, elle n’a pas commis une erreur historique. Non, elle n’a pas mis en danger l’Europe, elle l’a sauvée".

Dans la même veine, Emmanuel Macron avait aussi déclaré qu'il aurait "pu signer en partie la tribune Aubry", notamment sur la question des réfugiés.

Plus largement, en choisissant de nommer Jean-Marc Ayrault au Quai d'Orsay, François Hollande avait fait le choix d'un proche aux relations tumultueuses avec Manuel Valls. Rocardien, Hollandais de la (presque) première heure, l’ancien maire de Nantes a toujours assumé une philosophie sociale-démocrate, appréciée du chef de l’Etat.

S.A.