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Pétition contre la loi El Khomri: qui a signé?

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La pétition en ligne contre le projet de loi El Khomri sur la réforme du droit du travail a dépassé le cap d'un million de signatures vendredi soir, deux semaines après son lancement, battant tous les records en France.

Le projet de loi El Khomri sur la réforme du droit du travail a dépassé le cap d'un million de signatures deux semaines après son lancement, battant tous les records en France. Dans les faits quelques clics suffisent pour signer la pétition, une... ou plusieurs fois. Pourtant, les fraudes sont rares assure le site hébergeur, Change.org.

"Nous sommes vraiment sur un mouvement réel, confirme le directeur de Change.org en France, Benjamin des Gachons. Nous n'avons constaté aucun mouvement de fraude de grande ampleur".

C'est "un phénomène viral tout à fait inédit" qui repose sur "le fait que c'est très rapidement passé d'une pétition à un véritable mouvement". Résultat: un succès inédit, rapide et massif qui rassemble au-delà des signataires des militants politiques ou syndicaux. 

Une carte des signataires a aussi été publiée dimanche par Le Parisien. On y observe que les contestataires sont concentrés autour des principaux centres urbains (Rennes et Nantes à l'ouest, Bordeaux sur la face atlantique, Toulouse au sud, un arc reliant Montpellier à Grenoble au sud-est) et Paris. 

"Envoyer un message politique au gouvernement"

Les pétitions en ligne "correspondent à des manières contemporaines de s'engager: au lieu du combat d'une vie, sur une idéologie politique englobante, on va avoir des engagements sur un point, sur un autre, sans que ce soit très prenant dans la vie quotidienne", explique Franck Bousquet, professeur en sciences de la communication à l'université de Toulouse III et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.

Selon lui, les internautes sont également habitués à donner leur avis avec les réseaux sociaux, ce qui facilite l'acte de signature.

"Il y a aussi la volonté d'envoyer un message politique au gouvernement, les signataires ne répondent pas uniquement à la question posée", estime-t-il.

S.A. avec Florian Brunet