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"On a besoin de toi!", la campagne télé pour recruter des profs

Image tirée de la campagne du ministère de l'Education nationale pour promouvoir de nouveaux recrutements.

Image tirée de la campagne du ministère de l'Education nationale pour promouvoir de nouveaux recrutements. - Education nationale

La campagne volontariste destinée à aider au recrutement d'enseignants suscitera-t-elle de nouvelles vocations?  Pour le gouvernement l'enjeu est de pourvoir les 60.000 postes annoncés sur le quinquennat.

Opération séduction. Le gouvernement joue la carte de l'attendrissement pour inciter les étudiants à choisir le métier d'enseignant, avec le lancement mercredi d'une campagne télé et web mettant en scène des écoliers, en appui des recrutements massifs programmés sur le quinquennat.

"Est-ce que tu peux venir m'aider s'il te plaît?", lance un bambin. "On a besoin de toi!", crie un groupe d'écoliers: le spot télé de 31 secondes intitulé "L'école change avec vous" est diffusé à partir de ce mercredi jusqu'au 27 janvier sur 24 chaînes de télévision, pour un budget non dévoilé. Une version plus longue est disponible sur le web. 

"Dévouement" et "vocation", les deux idées-forces

Un site internet dédié, "lecolechangeavecvous.fr", permet aussi aux personnes intéressées de se tenir informées des dates des concours d'enseignants, présente le métier sous un jour valorisant ("91% des enseignants considèrent qu'ils font un travail utile", "71% des Français font confiance aux enseignants"), et décline les réformes lancées ("reconstruire la formation des enseignants", "améliorer le climat scolaire", "vaincre le décrochage").

L'enjeu, pourvoir les 60.000 créations de postes - 54.000 dans l'Education nationale, le reste dans le supérieur et l'enseignement agricole - programmées sur le quinquennat dans l'enseignement, promesse de campagne emblématique de François Hollande après 80.000 suppressions sous la droite.

Malaise des enseignants et préavis pour le 3 février

Le spot télé renvoie à deux caractéristiques réelles du métier d'enseignant, "dévouement" et "vocation", analyse le site spécialisé le Café pédagogique, mais en passe d'autres sous silence: "un salaire net en baisse régulière et inférieur aux rémunérations des salariés du privé ou du public au même niveau de qualification, la crise interne de management, les relations qui se tendent avec les parents". 

La principale fédération de l'éducation, la FSU, appelle d'ailleurs à la grève le 3 février pour les conditions de travail, l'emploi et la revalorisation des salaires.

Certaines matières peinent à recruter

Si les candidatures aux concours - en chute dans les années 2000 - ont depuis effectivement augmenté, parallèlement à la hausse des postes proposés, certaines matières dites "déficitaires" ont toujours du mal à faire le plein, comme les mathématiques, l'anglais ou les lettres modernes.

Plusieurs raisons expliquent la crise du recrutement, dont la réforme de la formation de 2010 qui a relevé au master (Bac+5) le niveau pour être enseignant. Or, le vivier d'étudiants en master est beaucoup moins important qu'en licence. Pour les mathématiques, la baisse est plus ancienne et s'explique par un marché du travail qui sollicite et rémunère davantage les scientifiques. L'attractivité du métier a aussi souffert de salaires considérés comme bas pour des diplômés à Bac+5, sans perspective d'amélioration avec le gel du point d'indice des fonctionnaires.

D. N. avec AFP