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Notre-Dame-des-Landes: Manuel Valls réaffirme sa volonté d'aller au bout

Manuel Valls, le Premier ministre communique par gestes, à l'Assemblée nationale, le 17 décembre 2014. Il doit se rendre jeudi et vendredi en Bretagne, notamment pour soutenir le projet contesté d'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes.

Manuel Valls, le Premier ministre communique par gestes, à l'Assemblée nationale, le 17 décembre 2014. Il doit se rendre jeudi et vendredi en Bretagne, notamment pour soutenir le projet contesté d'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes. - Patrick Kovarik - AFP

Manuel Valls a relancé mercredi la polémique autour de Notre-Dame-des-Landes en suggérant d'engager la construction du futur aéroport nantais après la mi-2015, à la grande surprise de Ségolène Royal.

Le dossier de la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, pomme de discorde y compris au gouvernement, est remis jeudi sur le tapis par Manuel Valls qui reste déterminé à voir aboutir ce projet controversé. Ses déclarations ont surpris jusqu'à sa ministre de l'Ecologie elle-même, Ségolène Royal.

Dans un entretien jeudi dans Ouest-France, le Premier ministre répète la position du gouvernement, à savoir que les travaux sont suspendus à la fin des recours juridiques déposés par les opposants au projet. Mais il ajoute une précision: "Ce sera le cas au premier semestre 2015. Après la décision du tribunal administratif, il faudra alors s'engager dans la construction de Notre-Dame-des-Landes", le site choisi pour l'aéroport au nord de Nantes.

Royal prend ses distances vis-à-vis de Valls

La date avancée par Manuel Valls a semble-t-il surpris Ségolène Royal, qui, invitée en direct sur France 5, a confié qu'elle n'était pas au courant de cette déclaration. "Bon courage", a lancé la ministre, visiblement embarrassée, avant d'expliquer que "le Premier ministre a le droit de prendre des décisions, je n'ai pas à les commenter". "Je lui laisse l'entière responsabilité de sa déclaration", a-t-elle dit.

Peu après son arrivée au gouvernement, Ségolène Royal avait plaidé en avril pour une "remise à plat" du projet et promis d'attendre la fin de tous les recours juridiques avant une éventuelle construction de l'aéroport, censé remplacer l'actuelle aérogare de Nantes Atlantique, au sud de l'agglomération.

Une élue locale ne veut pas d'un nouveau drame de "Sivens"

Interrogée sur la prise de position du Premier ministre, Françoise Verchère, conseillère départementale (Parti de gauche) opposée au projet d'aéroport, s'est dite "atterrée", estimant que les recours déposés devant la justice se prolongeraient bien au-delà du premier semestre de l'an prochain, compte tenu des appels prévisibles. Soupçonnant Manuel Valls de déjà connaître le résultat des recours, à savoir un rejet par le Conseil d'Etat, Françoise Verchère, a averti que "ce sera la guerre" dans le bocage nantais si le gouvernement tente de relancer les travaux avant la fin de tous les recours. "On voit bien que certains veulent provoquer l'irréversible comme à Sivens", a-t-elle déclaré, en référence au projet de barrage du Tarn où un jeune opposant a trouvé la mort en octobre lors d'affrontements avec les gendarmes.

De violents affrontements avaient mis aux prises les forces de l'ordre et les opposants à l'aéroport fin 2012 lors d'une tentative d'évacuation de ces derniers du site prévu pour l'infrastructure. Le Premier ministre d'alors, Jean-Marc Ayrault, avait ensuite annoncé un moratoire des travaux.

"Nécessaire pour le développement de l'Ouest"

Interrogé par le quotidien nantais Presse-Océan, Jean-Marc Ayrault, fervent partisan du projet en tant qu'ancien maire de Nantes, a estimé que les propos de son successeur allaient "dans le bon sens". Dans Ouest-France, Manuel Valls, attendu jeudi et vendredi pour une visite en Bretagne, juge le projet "nécessaire pour le développement de Nantes et de son agglomération, et plus globalement, celui de l'ouest de la France". Relevant que "ce projet est soutenu par les collectivités territoriales et par les acteurs économiques", Manuel Valls réfute l'idée que le projet puisse être sacrifié afin de complaire aux écologistes. Lundi, la fédération EELV de Loire-Atlantique a refusé de s'allier avec le PS pour les prochaines élections départementales de mars 2015, notamment en raison de leurs divergences sur le dossier du fameux aéroport.

Fin novembre, le Conseil d'Etat a rejeté les pourvois formés par des riverains opposés au projet d'aéroport pour obtenir l'annulation de leur expropriation.

D. N. avec AFP