BFMTV

Marche contre l'islamophobie: Blanquer dénonce une initiative "lamentable" et "contre la laïcité"

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale - AFP

Invité de l'émission Les 4 vérités sur France 2, le ministre de l'Éducation nationale a voulu réaffirmer la liberté de chacun de critiquer une religion, et a accusé les signataires de la tribune parue dans Libération de vouloir "lutter contre la laïcité".

Les signataires de l'appel à marcher contre l'islamophobie dimanche 10 novembre sont-ils en lutte, par là même, contre la laïcité? C'est ce dont semble convaincu Jean-Michel Blanquer, qui juge "lamentable" l'initiative, ainsi que le contenu de la tribune publiée dans Libération. Y sont qualifiées implicitement de "lois liberticides" celles proscrivant le port de signes religieux dans les établissements publics ou la dissimulation du visage dans l'espace public.

"On le voit très bien, c'est une façon de lutter contre la laïcité en utilisant des arguments qui ne valent pas", a déclaré le ministre de l'Éducation nationale ce jeudi matin sur France 2. L'intéressé réfute par ailleurs la pertinence du terme "islamophobie", "dérangeant parce qu'il mélange les choses". 

"Il peut y avoir du racisme, ça, ça existe. Mais (...) chacun est libre d'adhérer à une religion, de la critiquer, c'est justement ça aussi la laïcité", estime l'ancien recteur de l'académie de Créteil.

Son point de vue rejoint celui de certains signataires de la tribune comme Jean-Luc Mélenchon ou Adrien Quatennens. Le texte a d'ailleurs semé le trouble au sein de la gauche, plus particulièrement du côté de La France insoumise, dont plusieurs dirigeants ont pris leur distance avec le rassemblement prévu dimanche. 

"La République doit être à l'offensive"

Jean-Michel Blanquer parle en connaissance de cause. Vigoureusement critiqué par la gauche (y compris celle de La République en marche) pour avoir déclaré que la port du voile n'était "pas souhaitable" dans notre société, le ministre a maintenu sa position. De quoi lui valoir, dit-il, de nombreuses menaces, en particulier sur les réseaux sociaux.

"Vous avez le droit de parler de ces sujets sans être immédiatement taxé de phobie. Que ce soit de cette religion ou d'une autre, d'ailleurs; il ne faut pas se focaliser uniquement sur l'islam."

Qualifiant la laïcité de "socle extrêmement précieux" de la société française, "qui permet d'exercer notre liberté de conscience, (...) de faire ce que l'on veut, sans pression d'autrui", le locataire de la rue de Grenelle se dit soutenu, sur ce sujet, par une "grande majorité des musulmans républicains de France". 

"Il y a une petite minorité qui essaye de faire pression, sur des gens comme moi d'ailleurs (...) Vous êtes menacé, vous êtes attaqué, dès que vous défendez la laïcité aujourd'hui en France, c'est très grave. (...) La République doit être à l'offensive (...) et ne pas se laisser faire, parce qu'il y a des gens qui pratiquent l'intimidation", a dénoncé Jean-Michel Blanquer.
Jules Pecnard