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Macron veut "des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires"

Emmanuel Macron lors de la rentrée du gouvernement, lundi 5 janvier 2015.

Emmanuel Macron lors de la rentrée du gouvernement, lundi 5 janvier 2015. - Eric Feferberg - AFP

Le ministre de l'Economie exprime le souhait de voir des jeunes Français "devenir milliardaires", dans une interview aux Echos, publiée mercredi matin. La gauche crie au scandale.

C'est une petite phrase qui aurait pu passer inaperçu. Sauf qu'elle a été remarquée, et fait déjà naître un début de polémique. Dans une interview aux Echos mercredi, Emmanuel Macron évoque l'économie du web et affirme: "il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires." "L'économie du Net est une économie de superstars", poursuit-il.

Cette sortie n'a pas manqué de faire réagir, alors qu'en 2007 François Hollande affirmait "je n'aime pas les riches". Sur les réseaux sociaux, un tweet de Fleur Pellerin datant de 2012 a rapidement été exhumé. "Le rêve français, ce n'est pas forcément de devenir milliardaire… C'est que nos enfants vivent mieux que nous", avait écrit celle qui allait devenir ministre de l'Economie numérique.

"Emmanuel Macron se moque du monde"

Aussitôt, la phrase d'Emmanuel Macron a fait bondir à gauche. "Je ne sais pas si c'est le conseil qu'on doit donner aux jeunes Français", a commenté le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, sur RTL. "L'appât du gain, des milliardaires, etc., ce n'est pas tout à fait ma tasse de thé, mais je reconnais qu'il est ministre de l'Economie, et moi premier secrétaire du Parti socialiste".

"Emmanuel Macron se moque du monde", renchérit le secrétaire général du Parti communiste, Pierre Laurent sur France Info. "Je fais remarquer à Emmanuel Macron que des milliardaires, nous en avons, c'est bien le problème. Nous avons au CAC 40 des gens qui s'engraissent (...) ça produit la crise, la pauvreté, les inégalités", poursuit-il, dénonçant une "rhétorique à l'américaine".

Alexis Corbières, du Parti de gauche, compare de son côté la phrase d'Emmanuel Macron à celle de François Rebsamen sur les chômeurs.

Au Front national aussi, on raille la sortie du ministre de l'Economie. Pour Florian Philippot, vice-président du FN, elle "confirme une obsession personnelle" d'Emmanuel Macron pour "le dieu fric".

Ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron embarrasse à gauche. Sa sortie sur "les illettrés" de l'abattoir Gad, ou encore sur l'assurance chômage dont il avait dit qu'elle ne devait pas être "taboue", avait provoqué des réactions scandalisées à gauche. Même au sein du PS, ils avaient été nombreux, de Claude Bartolone à Jean-Christophe Cambadélis, à reconnaître une "phrase mal ajustée".

Ariane Kujawski