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Macron: "On ne peut pas réformer aussi radicalement qu'en début de mandat"

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, le 7 mars 2016.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, le 7 mars 2016. - Jacques Demarthon - AFP

Dans une interview à Europe 1, le ministre de l'Economie a admis ne pas pouvoir réformer aussi loin qu'il le souhaiterait, s'est affirmé loyal envers François Hollande, et a balayé (ou presque) les rumeurs sur ses propres ambitions présidentielles pour 2017.

Invité d'Europe 1 mercredi, notamment pour évoquer la loi Travail de Myriam El Khomri, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a confié ne pas pouvoir réformer "aussi radicalement" qu'il le souhaiterait. 

Interrogé sur la période pré-électorale qui s'ouvre en cette fin de mandat, le locataire de Bercy a expliqué: 

"Je pense que c'est une saison qui doit continuer à être utile pour le pays. C'est pour ça qu'il faut, avec pragmatisme, continuer à faire ce qui est nécessaire. Evidemment, on est lucide, on ne peut pas réformer aussi radicalement et aussi loin qu'on le voudrait ou qu'on peut le faire à un début de mandat". 
"Mais en même temps, vous noterez avec moi que nous continuons à avancer, à travailler, à réformer. C'est ce que fait la loi travail aussi. C'est ce que faisait la loi présentée par Michel Sapin", a-t-il poursuivi. 

Admettant ne pas pouvoir tout faire avant la fin du quinquennat de François Hollande, le ministre de l'Economie a appelé à d'ores-et-déjà préparer le suivant. 

"Après, il faut préparer le consensus public pour faire encore davantage et réformer radicalement, après les prochaines échéances. On sait ce qui est utile pour le pays, on fait le maximum là en ce moment. Et on doit faire encore plus radicalement en arrivant à convaincre, en créant du consensus et en étant transparent avant les élections", a-t-il affirmé.

Hollande, "candidat légitime"

Emmanuel Macron venait d'exprimer sa loyauté envers le chef de l'Etat et rejeté les rumeurs sur ses propres ambitions présidentielles.

"Bien sûr que je souhaite que François Hollande soit candidat à la présidence de la République", a-t-il déclaré, interrogé par Jean-Pierre Elkabbach sur une éventuelle "conspiration" pour qu'il se lance dans la course pour 2017.

"J'ai deux loyautés, l'une à mon pays, mes idées. Et je ne la lâcherai jamais", a-t-il fait valoir. "Et puis, j'ai des principes personnels. Je sais à qui je dois le fait d'être là. C'est à François Hollande", a-t-il ajouté, rappelant qu'il avait été appelé à l'Elysée en 2012 par le président pour prendre les fonctions de secrétaire général adjoint. "Il y a des principes de vie qu'il faut respecter", a-t-il souligné. 

"Bien sûr que c'est le candidat légitime. Il est le président en place", a-t-il insisté.

"Je ne vis pas dans le regard des autres"

Electron libre au sein du gouvernement français, le ministre de l'Economie, qui n'est pas membre du Parti socialiste, a attisé depuis le début de l'année les spéculations sur ses ambitions présidentielles, à 38 ans, en s'affichant de plus en plus à l'avant-scène. Des rumeurs auxquelles il a dit ne pas prêter attention.

"Je me suis habitué à ce qu'on me prête beaucoup d'intentions, à ce qu'on me fasse beaucoup de reproches. Certains justifiés sans doute, d'autres injustifiés aussi". Et de lancer: "Je ne vis pas dans le regard des autres. Ça libère!"

Quant à sa popularité, Emmanuel Macron en a dit: "D'abord, il faut faire attention à une chose, la mode ça se démode, comme disait Cocteau. Et je la mets au service de mon pays."

V.R.