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Gouvernement

"Le choix fait par le gouvernement, c'est de dire que la victime ment", dénonce Laurence Rossignol

Laurence Rossignol

Laurence Rossignol - Étienne Laurent-AFP

Laurence Rossignol, sénatrice PS de l'Oise et ancienne ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes durant le quinquennat Hollande, s'est dite ce lundi "très choquée" et "très inquiète" que le gouvernement ne soutienne pas les victimes qui accusent Nicolas Hulot et Gérald Darmanin de viols.

"Dans deux affaires consécutives qui concernent un gouvernement, donc le pouvoir, deux ministres mis en cause pour des affaires de viol, certes pour des faits très antérieurs à leur entrée au gouvernement, dans les deux cas, le choix qui est fait par le gouvernement, le choix qui est fait par la majorité parlementaire c'est de dire que la victime ment", a-t-elle réagi sur Franceinfo.

Deux plaintes pour viol

Une plainte pour viol a été déposée en 2008 contre le numéro 3 du gouvernement mais classée sans suite. Le gouvernement a affiché son soutien à Nicolas Hulot, le duo exécutif soulignant qu'une démission du ministre de la Transition écologique et solidaire, accusé de harcèlement et d'agression sexuels, n'était pas à l'ordre du jour.

Gérald Darmanin fait quant à lui l'objet d'une enquête préliminaire pour une accusation de viol qui se serait déroulé en 2009. Le porte-parole du gouvernement a assuré que le ministre de l'Action et des comptes publics avait "la confiance" du président de la République et de son Premier ministre.

"C'est un mauvais message pour les autres victimes"

La sénatrice estime par ailleurs que la réaction du gouvernement va à l'encontre du mouvement de libération de la parole des victimes d'agressions sexuelles, qui a pris de l'ampleur après l'affaire Weinstein.

"Donc cela veut dire que le pouvoir politique s'est arrogé dans ces deux affaires le pouvoir de dire 'la victime ment'. Et c'est tout ce contre quoi on se bat depuis que l'affaire Weinstein nous a permis de libérer la parole des femmes" et de réfléchir à "la manière dont la parole des femmes est écoutée, entendue. Ces deux victimes-là, il a été décidé qu'elles mentaient parce que ce sont des hommes politiques puissants auxquels elles se sont attaqué. C'est un mauvais message pour les autres victimes."

Céline Hussonnois-Alaya