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La loi El Khomri "ne contente plus personne au final", selon la presse

Manuel Valls, Myriam El Khomri  et Emmanuel Macron, le 11 mars 2016.

Manuel Valls, Myriam El Khomri et Emmanuel Macron, le 11 mars 2016. - Thomas Samson - AFP

Les éditorialistes pointent ce mardi la volte-face de l'exécutif, au lendemain de la présentation par le Premier ministre Manuel Valls de la version "corrigée" du projet de loi El Khomri, et se demande si cela suffira à "calmer la rue".

La nouvelle mouture du projet contesté de réforme du droit du Travail, présentée lundi par Manuel Valls aux partenaires sociaux, est une "nouvelle volte-face" du gouvernement qui ne devrait pas "désamorcer la contestation" de la rue, estiment mardi les éditorialistes.

"On ne voit plus l'effet visé", résument Les Dernières Nouvelles d'Alsace pour qui cette "nouvelle volte-face ne désamorcera peut-être pas la contestation de la rue, qui se trouve confortée".

"A vouloir contenter le plus grand nombre, on ne contente personne au final", avertit La Montagne. Puis de souligner: "ceux qu'on savait les plus durs à satisfaire ont signifié qu'ils ne bouderaient pas dans leur coin, mais dans la rue".

"On peut encore trouver à redire ici et là, mais le projet retrouve un équilibre", estime Libération, qui se demande toutefois si "cela suffira à satisfaire la frange mobilisée de la jeunesse". Et de répondre: "pas sûr". 

"Rien ne vient révolutionner le droit du travail"

Ouest France rappelle que "le but de cette réécriture était surtout d'éviter une mobilisation unitaire (...) d'adresser un message fort à cette jeunesse". Et lui aussi se demande si ce message "va calmer la rue".

L'Union/L'Ardennais apporte la réponse: "il ne suffit pas de qualifier une réforme d'intelligente, d'audacieuse, de nécessaire pour que tout le monde se lève dans un seul mouvement, applaudisse à tout rompre et pour empêcher de nouveaux soubresauts".

D'autant que "rien, dans ce texte, ne vient révolutionner le droit du travail (...) n'est susceptible de calmer les esprits à gauche", note Le Figaro. "Les opposants au texte initial ne se sont pas laissé amadouer. C'est même exactement le contraire", alerte La Nouvelle République du Centre Ouest.

"Et le dialogue social tourne une nouvelle fois au dialogue de sourds", remarque La Dépêche du Midi. "L'orage couve depuis longtemps, les étincelles provoquées par la loi de réforme du code du travail permettent enfin de mettre le feu aux poudres", regrette La Presse de la Manche.

"Maintenant, c'est un peu quitte ou double"

Et L'Humanité d'insister: "Manuel Valls donne l'impression d'avoir réécrit pour l'améliorer l'ensemble d'un texte critiqué et rejeté par une forte partie des syndicats, de l'opinion, et des jeunes".

"Maintenant, c'est un peu quitte ou double. Les prochaines journées d'action seront un indicateur important pour le gouvernement", conclut Le Journal de la Haute-Marne.

Dans cette version "corrigée" du projet contesté de réforme du droit du Travail, Manuel Valls a reculé sur les articles les plus contestés, dont le barème des indemnités prud'homales, une initiative saluée par les syndicats dits "réformistes" mais décriée par le patronat, tandis que CGT, FO et Unef ont maintenu leurs appels à manifester.

V.R. avec AFP