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La droite s'émeut de l'annulation des cérémonies du 8 mai, Darrieussecq s'explique

Le secrétaire d'Etat à la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, le 26 septembre 2017 à Ablain-Saint-Nazaire.

Le secrétaire d'Etat à la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, le 26 septembre 2017 à Ablain-Saint-Nazaire. - Philippe Huguen - AFP

Le député LR Philippe Gosselin a adressé un courrier à Emmanuel Macron, dans lequel il lui reproche indirectement de ne pas vouloir "honorer" les "morts" tombés face au nazisme en raison de la crise sanitaire.

C'est le député Philippe Gosselin qui a été le premier à se dire "scandalisé". L'élu Les Républicains de la Manche s'est ému ce samedi, dans un courrier adressé à Emmanuel Macron, de l'annulation des cérémonies du 8 mai, marquant le 75ème anniversaire de la victoire sur le nazisme, à cause de la crise du coronavirus.

"À quelques jours de la rentrée des classes (...), alors que chacun peut aller acheter des croquettes pour nourrir ses chiens ou chats (...), la France ne pourrait pas honorer ses morts?! C'est ahurissant et inconcevable", a écrit Philippe Gosselin dans sa lettre.

Demande d'annulation de l'annulation

Le député s'insurge contre un texte dont les maires ont été informés qui stipule: "comme suite à l'annonce de Monsieur le Président de la République du prolongement rendu nécessaire pour la lutte contre le Covid-19, et conformément aux instructions ministérielles, toutes les cérémonies commémoratives et patriotiques sont annulées jusqu'au 11 mai", date du début d'un déconfinement progressif en France.

"À ce stade, il n'est même pas prévu que dans chaque département, le préfet accompagné, par exemple, du maire du chef-lieu, d'un porte-drapeau et de quelques représentants du monde combattant, dépose une gerbe et entonne la Marseillaise a capella?! La Nation ne pourrait même pas assurer ce 'service minimum', mais si fort symboliquement?", réagit Philippe Gosselin.

"La France est debout, la République ne vacille pas justement! Et elle honore ses morts!", a-t-il insisté, rappelant l'importance symbolique du 75ème anniversaire de la victoire sur le nazisme. 

"De tout cela il faudrait faire table rase, parce que le virus est là?", s'interroge le parlementaire LR qui demande "solennellement à M. Macron de revenir sur cette annulation".

Philippe Gosselin a été soutenu par le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, d'après qui "il est possible d’organiser les cérémonies du 8 mai". "Les écoles seront ouvertes (trois jours) après et les mairies peuvent organiser des cérémonies réduites à l’essentiel en toute sécurité", fait-il valoir.

Idem à la droite de la droite. Le patron de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, dénonce sur Twitter une "indignité", quand le député Rassemblement national Sébastien Chenu se dit "dubitatif", jugeant "bon que la République ne confine pas sa mémoire".

"Le format sera adapté aux circonstances"

La secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, a confirmé vendredi devant la commission de la Défense de l'Assemblée nationale que les cérémonies mémorielles du 26 avril (journée du souvenir des victimes de la déportation) et du 8 mai étaient "annulées dans chaque département" car "il n'est pas question de créer des regroupements composés bien souvent majoritairement d'anciens combattants et de porte-drapeaux".

"Néanmoins, ces journées seront marquées nationalement", a-t-elle précisé. Et le 8 mai, "une cérémonie sera organisée dans un format particulier qui sera retransmis dans la France entière. Mais il n'y aura pas de cérémonies locales", a ajouté la ministre centriste, précisant que rien n'était "établi pour l'instant" concernant la fête nationale du 14 juillet.

Ce samedi, face au début de polémique, Geneviève Darrieussecq s'est expliquée, affirmant via Twitter que "non, nous n'annulons pas le 8 mai".

"Pas de polémique inutile. Il y aura une cérémonie nationale à cette date. Le format sera seulement adapté aux circonstances, ce que chacun peut comprendre en faisant preuve de bon sens", a-t-elle écrit.
Jules Pecnard avec AFP