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L'ONU demande une enquête sur "l'usage excessif de la force" en France, l'exécutif se défend

Un policier tient un lanceur de balles de défense, le 2 mars 2019 à Bordeaux. (Photo d'illustration)

Un policier tient un lanceur de balles de défense, le 2 mars 2019 à Bordeaux. (Photo d'illustration) - Mehdi Fedouach - AFP

Benjamin Griveaux et Christophe Castaner se sont tous les deux "étonnés" de voir la France figurer "entre Haïti et le Venezuela" dans un discours de Michelle Bachelet, qui réclame une "enquête approfondie sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force".

Après la commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, c'est cette fois-ci la Haute-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU qui a interpellé ce mercredi la France sur "l'usage excessif de la force".

Michelle Bachelet a réclamé, lors d'un discours prononcé devant le Conseil des droits de l'Homme à Genève, une "enquête approfondie sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force" et que "le gouvernement (français) poursuive le dialogue".

Pour l'ancienne cheffe de l'Etat chilien, le mouvement des gilets jaunes manifeste contre "ce qu'ils considèrent comme (leur) exclusion des droits économiques et de (leur) participation aux affaires publiques".

Face à "l'usage excessif de la force", l'argument du débat national

"Madame Bachelet nous invite à poursuivre le dialogue. C'est précisément ce qu'on fait depuis deux mois avec le grand débat national", s'est défendu ce mercredi midi le porte-parole du gouvernement français, à la sortie du conseil des ministres.

"On a toujours été extrêmement clairs, à chaque fois que cela a été nécessaire, une enquête a été lancée par l'IGPN", a poursuivi Benjamin Griveaux qui incite quiconque disposant d'éléments pouvant "permettre d'éclaircir des situations qui ont donné lieu à l'emploi de LBD" à le signaler sur le site de la police nationale. Le porte-parole du gouvernement fait état de "162 enquêtes ouvertes à la date du 1er mars".

"Il faut s'étonner de se retrouver cités sur une liste entre le Venezuela et Haïti où il y a eu des morts nombreux", a relevé Benjamin Griveaux, vantant un "niveau d'inclusion économique et démocratique en France (...) un des plus élevés au monde selon les standards de l'Onu".

Mêmes remarques du côté du ministre de l'Intérieur, qui a demandé sur Twitter si cela "était bien raisonnable" de comparer les trois pays. Christophe Castaner a lui aussi mis en avant le grand débat national et affirmé que les "suspicions de violences policières (faisaient) l'objet d'enquêtes".

Les lanceurs de balles de défense sont sujets à une vive controverse en France, de nombreux manifestants ayant été grièvement blessés par ce type de projectiles lors des rassemblements de gilets jaunes ces derniers mois.

Liv Audigane