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Impôts: Moscovici obligé de rétropédaler

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici - -

En annonçant une baisse des impôts pour les ménages en 2015, un des conseillers de l'Elysée s'est un peu emballé.

Pierre Moscovici obligé de rétropédaler mercredi matin. Invité de BFMTV et RMC, le ministre de l'Economie a louvoyé pour expliquer qu'il n'y aurait probablement pas de baisse d’impôts pour les ménages en 2015.

"Plus vite nous avons des économies, plus forte est la croissance, plus importante est la marge de manoeuvre et plus nous pouvons agir sur les impôts", s'est-il contenté d'expliquer, usant et ré-usant de digressions.

Et pourtant, la veille, l’Elysée faisait savoir: "Pour les ménages, on va essayer de se mettre en capacité dès 2015 de pouvoir avoir une première baisse d'impôts, un petit geste pour les ménages".

Derrière ces mots, il y avait un homme: Emmanuel Macron, secrétaire général adjoint de l’Elysée, énarque, banquier, conseiller sur les questions économiques.

A 36 ans, le conseiller est en odeur de sainteté depuis quelques semaines à l’Elysée. C'est lui, par exemple, qui aurait inspiré le tournant social-démocrate.

Mais voilà, celui qui est d’habitude un conseiller de l’ombre, a tenu mardi, face à une trentaine de journalistes, un "briefing" à l’Elysée. Et il s’est laissé un peu emballer par son raisonnement.

Imprudent!

"Emmanuel Macron, c’est un jeune lion… de temps en temps, mieux vaudrait écouter les vieux lions!", a confié à BFMTV un des poids lourds du gouvernement. Le jeune conseiller s’est d’ailleurs fait taper sur les doigts par François Hollande lui-même.

Sur le fond, le vrai problème c’est qu'Emmanuel Macron a dit tout haut ce que François Hollande se serait bien contenté de dire tout bas.

L’hypothèse d’une baisse des impôts est bien sur la table. François Hollande l'avait confié à BFMTV, la semaine dernière, lors d’un entretien: "On va voir ce qu'on peut faire en 2015, en fonction de la croissance, de la reprise. Si on a plus de croissance, c'est à dire si on atteint 1,2 ou 1,3% de croissance au lieu de la prévision de 0,9%, alors on pourra redistribuer".

Le chef de l'Etat avait ajouté: "La fiscalité, c'est une vraie inquiétude des Français. Pour les municipales, le thème qui arrive en premier c'est l'impôt, la sécurité vient plus loin".

H.F. avec Apolline de Malherbe