BFMTV

François Hollande: "Il faut démanteler le campement" de Calais

François Hollande, en déplacement à Calais ce lundi, a annoncé le démantèlement définitif du camp de migrants de la Lande, d'ici la fin de l'année 2016.

François Hollande, en visite ce lundi et pour la première fois de son quinquennat à Calais, a déclaré qu'il "faut démanteler complètement, définitivement le campement" de Calais, où s'entassent 7.000 migrants. "C'est une opération qui est exceptionnelle parce que nous sommes dans une situation exceptionnelle", a assuré le président de la République.

"Je suis donc venu à Calais aussi pour confirmer la décision que j'ai prise avec le gouvernement (...) de démanteler définitivement, entièrement, rapidement, c'est-à-dire d'ici la fin de l'année, ce qu'on appelle la Lande de Calais", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un discours prononcé après la pose de la première pierre de l'extension du port de la ville. Il poursuit: "Tout sera fait d'ici la fin de l'année. Et je reviendrai avec le gouvernement après le démantèlement complet et entier de Calais pour qu'il n'y ait pas de doute sur nos intentions et sur notre volonté"

"Le gouvernement ira jusqu'au bout", a-t-il ajouté en prenant "une distance par rapport à des instrumentalisations ou des polémiques qui d'ailleurs tournent le dos aux principes des valeurs de la République". 

"La situation n'est pas acceptable. Nos objectifs sont clairs: il faut garantir la sécurité des Calaisiens, maintenir l'ordre public et assurer aux migrants des conditions dignes", a affirmé François Hollande.

Le président de la République a souligné "un devoir de fermeté et un devoir d'humanité" de la part de l'Etat, les deux étant "indissolublement liés". "Faisons en sorte que les migrants qui répondent aux conditions de l'asile puissent être mis à l'abri et avoir un hébergement, ce sera le sens du démantèlement", a-t-il lancé.

"Garantir l'étanchéité de la frontière franco-britannique"

Le chef de l'Etat a également estimé qu'il était essentiel de "lutter contre les filières de la traite des êtres humains, qui est le pire commerce", et de "garantir l'étanchéité de la frontière franco-britannique".

A ce propos, le président de la République a assuré qu'elle était "complètement étanche depuis plusieurs mois". Depuis le début de l'année, seules 315 intrusions sur le territoire britannique ont été constatées, contre 10.000 l'année passée.

François Hollande a tout de même appelé les Britanniques à "prendre leur part dans l'effort humanitaire que la France accomplit", ajoutant que "ce n'est pas parce que le Royaume-Uni a pris une décision souveraine que le Royaume-Uni est dégagé de ses obligations par rapport à la France".

10.400 migrants interpellés, 1.500 éloignés

Entre janvier et juillet 2016, 10.400 migrants ont été interpellés en situation irrégulière. 1.500 autres ont été ramenés aux frontières depuis le Pas-de-Calais. "C'est notre devoir de le faire, parce que ceux qui relèvent de l'asile doivent être accueillis, et ceux qui n'en relèvent pas doivent être raccompagnés", a déclaré François Hollande.

Parallèlement, 28 réseaux de trafic d'êtres humains ont également été démantelés à Calais, soit "deux fois plus qu'en 2014", a annoncé le président de la République. Au total, 230 filières sur l'ensemble du territoire, dont 30 à destination du Royaume-Uni "ont été mises hors d'état de nuire". 

"De nombreuses interpellations (liés à ces trafics) ont eu lieu, avec des comparutions immédiates et des condamnations à de la prison ferme", a également rapporté le chef de l'Etat.

Florian Huvier