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Enfant de 8 ans au commissariat: l'école "a bien réagi", pour Najat Vallaud-Belkacem

La ministre de l'Education lors d'une conférence de presse, le 22 janvier dernier.

La ministre de l'Education lors d'une conférence de presse, le 22 janvier dernier. - Eric Feferberg - AFP

La ministre de l'Education a apporté un soutien très ferme, jeudi, à l'équipe enseignante de l'école, à l'origine d'une plainte qui a conduit un enfant de 8 ans à s'expliquer devant des policiers sur des propos préoccupants.

Un enfant de 8 ans a été convoqué au commissariat
mercredi à Nice, après la plainte du directeur de son école pour apologie du terrorisme. Le petit garçon avait affirmé en classe qu'il était "du côté" des tueurs de Charlie Hebdo. Jeudi, la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem a toutefois apporté son soutien à l'équipe de l'établissement scolaire, estimant qu'elle s'était "bien comportée".

"Je le dis avec force, non seulement cette équipe a bien fait de se comporter ainsi, mais son travail de suivi, et pédagogique et social, est une oeuvre utile et je l'en remercie", a-t-elle déclaré depuis la cour de l'Élysée, où elle participait à des rencontres avec des acteurs éducatifs et associatifs (voir vidéo ci-dessous).

Le père aussi mis en cause

La ministre est aussi revenue sur les propos du père de famille, visé par une plainte pour intrusion dans l'école. "Lorsque le père est venu dans l'établissement, il a eu une attitude brutale. Il s'est même à plusieurs reprises introduit sans autorisation en menaçant le personnel de l'établissement."

"D'autant que dans la discussion ouverte avec l'enfant, il est apparu que sa situation personnelle était préoccupante, au point d'ailleurs que l'équipe a fait remonter un signalement à la protection de l'enfance du département", a poursuivi la ministre, sans donner plus de détails sur cette situation.

L'enfant "très perturbé et isolé" depuis les faits

Joint par BFMTV.com mercredi soir, l'avocat du père et de son fils a livré une toute autre version au sujet du comportement du père, mis en cause. "L'enfant étant très perturbé et isolé depuis les faits, son père l'a accompagné jusque dans la cour de récréation à trois reprises après le 8 janvier, pour s'assurer qu'il restait avec ses petits camarades dans la cour de récréation, et n'allait pas se réfugier dans les toilettes, comme il l'avait vu faire. La troisième fois, on lui a interdit l'accès à l'école. Trois reprises qui lui ont valu cette plainte pour intrusion", indique Me Guez Guez.

Le père lui-même a confirmé jeudi que son fils "n'a plus envie d'aller à l'école". "Je lui ai demandé, mon fils, est-ce que tu sais ce qu'est le terrorisme, il m'a dit non. Est-ce qu'on souhaite la mort à des êtres humains, il m'a dit non." Le dossier est désormais entre les mains de la justice.

A. G.