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Climat: Jean-Michel Blanquer estime que Greta Thunberg en fait "certainement" trop

Invité de BFMTV et RMC, le ministre de l'Éducation nationale a réagi à l'intervention émue de l'égérie du mouvement climatique à l'Assemblée générale des Nations unies.

À l'instar d'Emmanuel Macron, Jean-Michel Blanquer ne semble pas tout à fait convaincu par la tonalité catastrophiste de Greta Thunberg. Invité de BFMTV et RMC ce mardi matin, le ministre de l'Éducation nationale a estimé que la jeune égérie du mouvement climatique en faisait "certainement" trop sur la situation actuelle de la planète. 

"La France est un des pays qui en fait le plus pour la lutte contre le réchauffement climatique, donc je pense que ça ne sert à rien de tirer sur une locomotive. (...) Bien sûr on peut faire toujours plus, et on veut faire toujours plus, mais le président Macron (...) en fait énormément sur ce sujet", juge Jean-Michel Blanquer.

"Il y en a assez des discours gris"

D'après l'ancien recteur de l'académie de Créteil, Greta Thunberg cultive une "tendance", à laquelle il faut "prendre garde", à culpabiliser les États sur les sujets environnementaux. Le ministre dit observer la jeune Suédoise avec "un mélange de sympathie et de vigilance".

"La cause est bonne, bien sûr. Il faut se battre pour la lutte contre le réchauffement climatique et elle a bien raison. (...) Vigilance parce qu'il faut faire attention, il ne faut pas non plus créer une génération de déprimés autour de ce sujet. Il faut au contraire être constructif. (...) Ça passe par des actes concrets. Donc je pense qu'il faut dépasser le stade du cri", déclare Jean-Michel Blanquer. 

Le locataire de la rue de Grenelle estime par ailleurs inutile "d'attaquer" la France en justice (ce qu'ont fait Greta Thunberg et quinze autres jeunes). "On a plutôt besoin de soutien que d'attaque", affirme le ministre de l'Éducation nationale. Et d'ajouter:

"Nous avons un devoir vis-à-vis des jeunes, (...) ne rentrons pas dans un cercle vicieux de la culpabilisation. (...) Il y en a assez des discours gris, des discours d'angoisse. Nous, quand nous étions plus jeunes, les adultes ne nous tenaient pas des discours d'angoisse sur le futur de cette façon."
Jules Pecnard