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Circulation alternée: "La santé publique nécessite un effort" plaide le gouvernement

Philippe Martin et Marisol Touraine dans la cour du ministère de l'Ecologie au sortir d'une réunion sur l'alerte de pollution, le samedi 15 mars.

Philippe Martin et Marisol Touraine dans la cour du ministère de l'Ecologie au sortir d'une réunion sur l'alerte de pollution, le samedi 15 mars. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Les réactions sont contrastées à l'annonce du gouvernement d'alterner la circulation lundi et mardi en raison de la pollution. Si la gauche salue l'initiative, la droite et une association d’automobilistes la dénonce.

A l'issue d'une cinquième journée de pic de pollution samedi, Jean-Marc Ayrault a décidé de mettre en place lundi matin la circulation alternée à Paris et sa petite couronne, un dispositif qui pourrait être assez impopulaire à quelque jours du premier tour des municipales.

La circulation alternée, qui prévoit d'alterner les véhicules entre plaques paires et impaires selon les jours, a été testée une seule fois en 1997. Elle n'avait pas "laissé un bon souvenir", selon le ministre de l'Ecologie Philippe Martin, interrogé dans la matinée sur la possibilité que le gouvernement recourt à une telle mesure.

>> Pollution: circulation alternée en Ile-de-France lundi, qui sera concerné?

"La santé publique nécessite un effort (...) les Franciliens vont parfaitement comprendre que c'est la mesure qui permettra de mettre un terme à ce pic de pollution", a-t-il plaidé dans la soirée sur TF1 et BFMTV.

Le Premier ministre se dit "conscient des difficultés que cette mesure risque d'entraîner dans la vie quotidienne des franciliens". "Mais, cette mesure supplémentaire est nécessaire", ajoute Jean-Marc Ayrault qui "fait confiance à l'esprit de responsabilité et de civisme de chacune et de chacun".

A une semaine des élections municipales

A une semaine du premier tour des municipales, les candidats à la mairie de Paris avaient des réactions contrastées. Anne Hidalgo (PS) a prévu dimanche matin une conférence de presse, annoncée avant la mise en place de la circulation alternée. Le dissident UMP Charles Beigbeder a décidé d'aller distribuer des masques de protection dimanche matin dans les 8e et le 17e arrondissements.

Le candidat écologiste, Christophe Najdovski (EELV), qui depuis le début de la semaine, n'a cessé d'appeler à des mesures nouvelles, a salué la décision du gouvernement. Il a toutefois estimé qu'elle était "extrêmement tardive" et ne réglerait "rien sur le fond". Pour lui, il faut engager "la sortie du diesel", un avis partagé avec Emmanuelle Cosse, présidente d'EELV.

Même satisfaction chez la candidate du Front de gauche, Danielle Simonnet, qui a réclamé aussi la sortie du diesel. Wallerand de Saint-Just, candidat du Front national, a vilipendé pour sa part une "punition" infligée par le gouvernement.

"Stupide" ou "prise de conscience"?

L'association 40 millions d'automobilistes a jugé la circulation alternée "inapplicable", "stupide" et "électoraliste" dans ces départements très fréquentés. "Qui va contrôler la circulation? Comment?", s'est interrogé son président Pierre Chasseray.

Pour Airparif, au contraire, "c'est une bonne mesure". "En 1997, elle avait été efficace et avait entraîné une baisse de 20% des dioxydes d'azote dans le centre de Paris", argumente Jean-Félix Bernard, président de l'association en charge de la surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France. "Oui, c'est une contrainte, mais quand on roule, ça n'est pas anodin pour les autres. Personne ne peut échapper à une prise de conscience; le niveau des polluants est au-delà de ce que préconisent les autorités sanitaires".

Enfin, Airparif promet de "mettre en place dès lundi les moyens de mesurer l'efficacité de la mesure": "Si les conditions restent celles prévues par Météo France, à partir de lundi on va rerentrer dans une période d'accumulation (des particules, ndlr), alors la circulation alternée aura une efficacité forte", a-t-il conclu. Sinon, "le principe de précaution" aura été appliqué.

M.P. avec AFP