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Canons à eau, lasers: les pistes du gouvernement contre les drones

Un drone à Paris, image d'illustration.

Un drone à Paris, image d'illustration. - Dominique Faget - AFP

Alors que les survols de zones sensibles se multiplient, le gouvernement envisage plusieurs mesures pour une meilleure détection et neutralisation des engins indésirables, et des sanctions plus sévères contre les pilotes en infraction.

Les autorités dépassées? Une dizaine de signalements de drones volant au-dessus de Paris ont de nouveau été enregistrés cette nuit - en dépit de l’interdiction de survoler la capitale - sans que le police ne parvienne à retrouver les pilotes. Au total, "60 survols de drones" ont été constatés au dessus de centrales nucléaires ou de Paris depuis le 5 octobre, a indiqué Bernard Cazeneuve mardi. Un sujet que le gouvernement assure prendre “très au sérieux”.

Pour faire face à ce phénomène nouveau, l’exécutif envisage de nouvelles mesures. Insistant sur le fait qu’il “n’existe aujourd’hui aucune solution immédiatement disponible”, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), qui a remis un rapport confidentiel sur le sujet au Premier ministre fin janvier, a dévoilé mercredi quelques unes de ces pistes, rapporte Le Parisien.

Détecter et neutraliser

Des outils sont en cours de développement pour détecter et neutraliser les drones malveillants. Car “pour l'heure, les services de sécurité ne sont pas dimensionnés pour couvrir la zone atmosphérique entre 50 et 100 mètres d'altitude” où volent les drones, explique-t-on au SGDSN, cité par Le Figaro.

Une première campagne de tests aura lieu dès fin mars. Parmi les options évoquées: une détection radar renforcée au-dessus des sites sensibles, le brouillage du signal entre le propriétaire et son drone, l’utilisation de “jet de matière” (autrement dit de canons à eau), l’emploi de lasers et autres systèmes de “mise en panne volontaire” des engins volants à l’approche de zones interdites.

Pour des solutions innovantes, un appel d’offres a été lancé en décembre dernier, avec un budget de 1 million d'euros. 23 projets sont actuellement en lice. Les réponses retenues seront dévoilées d’ici quelques jours.

Renforcer l'arsenal juridique

Des mesures sont également envisagées pour combler les carences de la réglementation en vigueur. Le gouvernement travaille sur un renforcement des sanctions: en plus d’amendes plus lourdes, les "télépilotes" pourraient être soumis à une “peine complémentaire de confiscation” de leur appareil en cas d’infraction, selon Le Parisien. L’immatriculation de tous les engins pourrait par ailleurs bientôt devenir obligatoire, d’après La Croix. Parmi les autres options: l’insertion par les constructeurs d’une puce détectable par les radars, et une assurance obligatoire comme pour les autres aéronefs.

La France n’étant pas le seul pays confronté à l’émergence de cette question, le SGDSN organisera un colloque international sur le sujet le 28 mai à Paris.

V.R.