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Bernard Cazeneuve va remplacer Jérôme Cahuzac au Budget

Bernard Cazeneuve, à gauche, aux côtés de Jérôme Cahuzac, qu'il va remplacer au Budget.

Bernard Cazeneuve, à gauche, aux côtés de Jérôme Cahuzac, qu'il va remplacer au Budget. - -

L'actuel ministre des Affaires européennes Bernard Cazeneuve va remplacer au pied levé Jérôme Cahuzac au Budget, après sa démission surprise.

Il a été pendant dix mois l'avocat inlassable du traité budgétaire européen: Bernard Cazeneuve, remplaçant du démissionnaire Jérôme Cahuzac, va désormais devoir s'imposer au pied levé au ministère du Budget, à un moment crucial pour déterminer les économies envisagées pour réduire les déficits publics.

Un défi qui ne fait pas peur à l'ancien porte-parole de campagne de François Hollande, avocat affable au visage rond, aux formules précises et mesurées, qui sera remplacé à son poste de ministre des Affaires européennes par Thierry Repentin, lui-même actuellement ministre délégué à la Formation professionnelle.

Le nouveau grand argentier sera immédiatement mis à l'épreuve: il va recevoir dans les trois semaines à venir l'ensemble des ministres pour préparer le budget 2014, alors que la France négocie un délai d'un an pour ramener son déficit public sous la barre des 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2014 plutôt que cette année comme elle s'y était engagée.

Ancien "noniste" pour le traité constitutionnel

La forte personnalité de son prédécesseur, Jérôme Cahuzac, devait garantir une nouvelle baisse draconienne des dépenses publiques. Mais Jérôme Cahuzac a démissionné, trois heures après l'annonce de l'ouverture d'une information judiciaire à son encontre pour blanchiment de fraude fiscale dans une affaire de compte en Suisse. Et c'est Bernard Cazeneuve, peu connu du grand public, qui se retrouve en première ligne.

L'entrée au gouvernement, en mai 2012 comme ministre délégué aux Affaires européennes de l'ancien député-maire de Cherbourg, 49 ans, militant du "non" au traité constitutionnel, dénonçant, tout comme son mentor Laurent Fabius, "la pente libérale de l'Europe", en avait déjà étonné plus d'un.

Niant avoir fait un virage à 180 degrés par rapport à son passé de "noniste", Bernard Cazeneuve, pince sans rire et réputé bon technicien, juge au contraire être cohérent. "La politique, ça ne consiste pas à toujours dire non, quel que soit le contexte. L'incohérence est chez ceux qui n'accompagnent pas la démarche de réorientation de l'Europe qu'ils réclamaient", estime-t-il.

En abandonnant son portefeuille dix mois après avoir été nommé, il illustre une nouvelle fois la tendance française à user de nombreux ministres des Affaires européennes, qui avait irrité les partenaires européens sous le mandat de Nicolas Sarkozy, qui en avait nommé cinq en cinq ans.


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A. G. avec AFP