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Bernard Cazeneuve proteste contre une affiche de la CGT sur les violences policières

Le ministre de l'Intérieur n'a pas apprécié la dernière affiche de la CGT sur les violences policières. Des politiques lui demandent de porter plainte.

Bernard Cazeneuve n’apprécie pas la dernière production de la CGT. La branche Info-com’ du syndicat a réalisé une affiche pour protester contre les violences policières lors des manifestations contre la loi Travail ou encore après des rassemblements de "Nuit Debout". On y voit une matraque ensanglantée sur le logo de la police nationale, surmontée du texte: "la police doit protéger les citoyens et non les frapper !".

Des politiques appellent Cazeneuve à porter plainte 

Un visuel qui a aussitôt fait réagir le ministre de l’Intérieur. Dans une lettre ouverte au secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, il dénonce une campagne "choquante", qui met "gravement en cause la police nationale", et appelle à "protéger, plutôt que de chercher à détruire" le "lien de confiance entre la population" et les forces de l'ordre.

De nombreux politiques ont à leur tour montré leur désaccord. "Le ministère de l'Intérieur doit porter plainte contre la CGT", a ainsi affirmé mardi matin le vice-président du FN Florian Philippot. Même demande chez Eric Ciotti, président Les Républicains du département des Alpes-Maritimes. 

A gauche, Jean-Christophe Cambadélis a lui aussi évoqué "une gauchisation de la CGT (...) et cette affiche fait partie de ce cours gauchiste où on veut une CGT pure, une CGT sans opposition, une CGT tellement radicale qu'à la fin elle se regroupe autour de quelques personnalités qui sont en confrontation totale avec l'ensemble de la société".

Le numéro un de la CGT a voulu expliquer cette démarche en assurant que ce ne sont "pas ceux qui appliquent les ordres qui sont montrés du doigt, con sont ceux qui donnent les ordres". "En tout cas, moi, c'est comme ça que j'ai vu cette affiche", a -t-il conclu.

La CGT-Police "insultée"

Les syndicats de police, eux, ne sont pas en reste. Le SCSI-CFDT a qualifié cette affiche d'"affiche de la honte", tandis que Synergie, deuxième syndicat chez les officiers de police, a demandé au ministère de l'Intérieur de "porter plainte contre cette campagne calomnieuse". Le SGP-Police, lui, parle d'une affiche "irresponsable" qui "renforce la tension et non l'apaisement".

De son côté, la CGT-police a souhaité se dissocier de la position de la CGT en dénonçant "une affiche choquante et provocante". "La CGT-Police comme tous les collègues, qui effectuent leurs missions au service de la population, s'est sentie insultée", indique le syndicat dans un communiqué, qui appelle à ne pas faire d'amalgame entre les forces de l'ordre et les décideurs politiques. "La même affiche avec la photo de nos deux ministres plutôt que le logo CRS aurait réellement ciblé les responsables, au lieu de faire leur jeu, en creusant une fois de plus le fossé entre la population et sa police", regrette la CGT-Police.

Des ados accusent des policiers de violences

Les tensions entre manifestants et policiers sont récurrentes depuis le début du mouvement contre le projet de loi travail, dans lequel les lycéens sont en première ligne, et plusieurs incidents ont eu lieu ces derniers jours dans des lycées d'Ile-de-France, occasionnant plusieurs dizaines d'interpellations. Un policier mis en cause dans une vidéo largement diffusée où on le voit frapper un lycéen à Paris en marge de manifestations contre le projet de loi travail, le 24 mars, doit être jugé en mai pour violences volontaires.

Le parquet de Paris a ouvert mi-décembre une enquête préliminaire après la plainte déposée par dix-huit adolescents qui accusent des policiers du commissariat du XIIe arrondissement de violences, agressions sexuelles et insultes racistes à leur encontre.

A. K.