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Ayrault,"ferme", "austère et annonciateur d’efforts"

Jean-Marc Ayrault, jeudi soir, sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes"

Jean-Marc Ayrault, jeudi soir, sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes" - -

Au mieux déçus, au pire critiques. La prestation télévisée du Premier ministre, hier soir sur France 2, n'a pas emballé les éditorialistes. Notamment sur sa politique fiscale.

Annoncer un budget de rigueur tout en affichant l'ambition de relancer l'activité et enrayer les plans sociaux : la prestation de Jean-Marc Ayrault, jeudi soir, dans l'émission Des paroles et des actes sur France 2, relevait pour les éditorialistes de "l'équation impossible"

Pour Paul-Henri de Limbert dans Le Figaro, le Premier ministre a entonné "le refrain habituel des gouvernements socialistes sur la juste répartition de l’effort". Il fustige "une vraie dégelée" fiscale dans le projet de loi de finances 2013 présenté vendredi en Conseil des ministres.

Une du Figaro, vendredi 28 septembre
Une du Figaro, vendredi 28 septembre © -

Haro sur une politique fiscale "concentrée sur les riches"

"On n'a pas souvenir qu'un choc fiscal violent ait jamais inauguré une période de croissance", renchérit Jean-Francis Pécresse dans Les Echos. Il qualifie d'"argutie politique" l'idée que les hausses d'impôts soient "concentrées sur les riches" car "appauvrir les riches a rarement enrichi les pauvres. Au contraire".

"Une politique ne se construit pas avec une matraque fiscale à la main, mais en corrigeant tout ce qui contribue à appauvrir la France donc les Français", assène Hervé Chabaud dans L'Union. L'éditorialiste rémois met en exergue une "équation impossible" pour le gouvernement : "Comment tenir ses engagements de réduction de la dette et agir pour relancer l’activité ?"

Une des Echos, vendredi 28 septembre
Une des Echos, vendredi 28 septembre © -

Justifier la rigueur, "une terrible mission"

Moins virulent, Jacques Camus estime dans La République du Centre que le chef du gouvernement "n’a pas levé les hypothèques sur la question cruciale du réalisme du budget en préparation" et "n'a fait que ressasser les grandes options déjà connues".

"À cet homme sans véritable charisme, revenait la terrible mission d’expliquer la nécessité de la rigueur", commente François Martin de Midi libre. Il s'est donc "évertué à démontrer pourquoi il fallait se serrer la ceinture".

"Jean-Marc Ayrault, pour son premier grand rendez-vous télévisuel, est apparu conforme à son personnage : ferme, austère, annonciateur d’efforts plutôt que de rêves", juge Ivan Drapeau dans La Charente libre.

Une de La Montagne, vendredi 28 septembre
Une de La Montagne, vendredi 28 septembre © -

Pressé par l'opinion

Mis au défi de "lever une montagne de doutes", le locataire de Matignon est surtout confronté à ce que Xavier Panon appelle dans La Montagne "la difficulté du Premier ministre" : "Le temps politique est fatalement plus long que le temps de l’opinion qui veut voir des résultats rapides pour être sûre que ses efforts ne sont pas vains".

En d'autres termes, "aura-t-il la durée, la ténacité, pour redonner un cap à un peuple déboussolé ?", se demande Francis Laffon dans L'Alsace.