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Attaques contre Merkel: les éditorialistes partagés

La chancellière allemande Angela Merkel, le 16 avril 2013

La chancellière allemande Angela Merkel, le 16 avril 2013 - -

Les relations franco-allemandes sont au cœur des éditoriaux lundi après des déclarations socialistes jugées "irresponsables" par certains.

Les relations franco-allemandes sont au coeur des éditoriaux lundi après des déclarations socialistes jugées "irresponsables" par certains tandis que d'autres estiment que le débat sur l'austérité est légitime alors que crise et chômage ne cessent de s'amplifier.

"Il y a des lignes à ne pas franchir", s'étrangle Nicolas Barré dans les Echos. "Faute de parole élyséenne, il a fallu que ce soit Jean-Marc Ayrault qui... calme la logorrhée anti-Merkel, voire anti-allemande qui commençait à prospérer au sein d'un Parti socialiste livré à lui-même."

Le Figaro ne se prive pas non plus de tirer à boulets rouges sur les socialistes, traités "d'apprentis sorciers". "Rien n'est plus irresponsable que de faire d'Angela Merkel et de la politique européenne de l'Allemagne le bouc émissaire des difficultés qui s'accumulent sur notre pays", assène Pierre Rousselin.

Étrangement, l'éditorial du quotidien conservateur trouve un écho dans Libération. "À quel jeu dangereux jouent les socialistes français, prêts à transformer Angela Merkel en bouc émissaire plutôt que de débattre de la politique de leur gouvernement?", s'interroge François Sergent. "On peut - on doit - pouvoir discuter des politiques de rigueur, mais il est démagogique d'en faire porter le chapeau à Berlin ou à Bruxelles", martèle-t-il.

"Gross" colère

Dans La Croix, Guillaume Goubert prend le contrepied en insistant sur le fait que la "relation pacifique patiemment construite" entre la France et l'Allemagne est à "préserver" mais "ne signifie pas s'interdire tout débat". "Une bonne relation, entre deux personnes comme entre deux pays, appelle la franchise lorsqu'il existe des malentendus ou des désaccords", plaide l'éditorialiste du quotidien catholique.

Jean-Emmanuel Ducoin enfonce le clou dans l'Humanité: "nous sommes invités à ménager notre langage - autrement dit à fermer nos gueules", s'indigne-t-il, assurant que "l'hypocrisie a assez duré". "La question ne concerne évidemment pas l'amitié avec nos voisins", écrit-t-il, "mais du rapport de forces, donc du devenir des citoyens de tout un continent enrôlés de force dans des politiques d'austérité qui conduisent à la catastrophe et pour lesquelles l'Allemagne a joué un rôle primordial."

"La violente charge du PS contre l'austérité européenne et surtout contre son symbole Angela Merkel résonne également comme une critique à peine voilée de la politique du gouvernement français", souligne Jean-Claude Souléry (La Dépêche du Midi). "Cette impertinence du PS avait de quoi provoquer la 'gross' colère du Premier ministre, qui, durant tout ce week-end, et fort du soutien de l'Élysée, s'est efforcé d'éteindre la polémique", s'amuse l'éditorialiste.

Alors que l'ampleur de la crise appelle des mesures urgentes, "le problème est qu'il faudra attendre les élections allemandes pour trancher, relève Christophe Lucet (Sud-Ouest). "C'est-à-dire six mois", au moins.


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