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Après les gilets jaunes, Castaner lance une réflexion sur le maintien de l'ordre

Christophe Castaner dans la cour de l'Elysée, le 3 juin 2019

Christophe Castaner dans la cour de l'Elysée, le 3 juin 2019 - Ludovic MARIN / AFP

Le ministre de l'Intérieur organise lundi un séminaire sur le maintien de l'ordre en présence d'une quinzaine d'experts français et étrangers.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner organise lundi un séminaire sur le schéma national du maintien de l'ordre après plusieurs mois de polémiques sur le sujet, notamment lors des manifestations de gilets jaunes.

"La montée des violences et la multiplication des débordements en marge des manifestations observées ces dernières années rendent nécessaire une évolution en profondeur de notre doctrine et de nos méthodes", écrit le ministère dans un communiqué publié ce dimanche.

"Depuis le mois de décembre, dans le contexte du mouvement des gilets jaunes, le ministère de l'Intérieur a engagé cette transformation en mettant l'accent sur la réactivité, la mobilité et l'autonomie des forces sur le terrain", est-il ajouté.

"Je n'accepte pas l'expression violences policières"

Les six mois de protestations de gilets jaunes émaillées d'images de manifestants blessés, la main arrachée ou éborgnés, ont alimenté les polémiques sur le maintien de l'ordre et notamment l'usage des lanceurs de balle de défense (LBD) et grenades de désencerclement, faisant resurgir le terme de "violences policières".

"Je n'accepte pas l'expression violences policières", a répété Christophe Castaner dans une interview au JDD parue ce dimanche. "C'est vrai qu'il y a des affrontements", a-t-il reconnu, tout en rappelant que "1.900 policiers et gendarmes ont été blessés". "Si certaines scènes m'ont surpris, c'est d'abord la violence à laquelle ont été exposées les forces de l'ordre", insiste-t-il.

"S'agissant de l'usage de la force publique, je soutiens nos policiers et nos gendarmes mais je ne m'interdis pas - je l'ai d'ailleurs fait - de demander des explications, des vérifications", a-t-il ajouté.

"Quel que soit le moyen de défense utilisé, il peut toujours y avoir des blessés. J'ai engagé une réflexion stratégique sur une révision de notre schéma national d'ordre public (...) tout est sur la table, y compris la question des modalités d'usage des LBD. D'autres moyens peuvent être renforcés comme les lanceurs d'eau qui sont utilisés en Allemagne ou même les chevaux."

Une quinzaine d'experts français et étrangers conviés

Une quinzaine d'experts sont conviés au séminaire de lundi parmi lesquels le procureur de la République adjoint au parquet de Paris, Olivier Christen, l'ancien patron du Raid Jean-Michel Fauvergue, le sociologue Patrick Bruneteau, l'ancien chef du groupement de sécurité et d'intervention de la gendarmerie nationale, le général d'armée Jean-Régis Vechambre, ou encore les journalistes Guillaume Biet (Europe 1) et Georges Brenier (TF1).

Des intervenants néerlandais, espagnols et allemands sont également conviés à une table ronde intitulée "regards sur le maintien de l'ordre en Europe".

Mélanie Rostagnat avec AFP