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Gilets jaunes: Alain Juppé fait la leçon à Emmanuel Macron

Alain Juppé ce 9 décembre à Bordeaux

Alain Juppé ce 9 décembre à Bordeaux - BFMTV

"Le Président doit répondre concrètement à certaines attentes légitimes" a estimé l'ancien Premier ministre.

Au lendemain du quatrième weekend de mobilisation au cours duquel la ville de Bordeaux a fait l'objet de nombreuses dégradations, l'édile de la ville girondine a pris la parole lors d'un point presse organisé en compagnie du préfet du département.

S'il a tenu à "rendre hommage aux forces de l'ordre qui ont été à la hauteur" l'ancien Premier ministre, visiblement ému et indigné, a également déploré les scènes de "guérilla urbaine" auxquelles se sont adonnés "200 à 300 casseurs en fin de défilé" dans sa ville.

"Honte aux vandales, aux voleurs, aux pillards que j'ai vu saccager hier soir certaines rues de Bordeaux", avait-il déjà écrit dans un tweet dimanche matin. "Nous avions prévenu les gilets jaunes qu'ils se feraient inévitablement déborder."

Le souvenir de 1995

L'allocution a rapidement pris une tournure politique, lorsqu'Alain Juppé a appelé Emmanuel Macron à s'adresser rapidement aux Français. "le Président doit répondre concrètement à certaines attentes légitimes", "mais les gilets jaunes responsables doivent cesser d'appeler à manifester, au risque de convoquer les casseurs à casser" a-t-il estimé. 

"Les gilets jaunes et leurs revendications méritent la considération et il doit y avoir des mesures fortes. La surtaxation des carburants est réglée, mais le pouvoir d'achat doit également être abordé, tout comme la situation des salariés aux faibles revenus, la hausse de la CSG..."

Il a aussi appelé les gilets jaunes à "arrêter les appels à manifester", car selon lui "on sait ce qui va se passer, compte tenu de la récupération inévitable par des casseurs".

La réaction de l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac est d'autant plus forte qu'en 1995, au moment du plan Juppé, ce dernier avait du faire face à une série de manifestations et de grèves qui avait été, à l'image de la mobilisation des gilets jaunes, très suivie. Et qui avait conduit à l'abandon du plan en question.

Hugo Septier