BFMTV

Le Front national se réunit en congrès et cherche la sortie de crise

Le FN tient samedi et dimanche à Lille le congrès censé marquer sa refondation. Il doit permettre de régler plusieurs questions stratégiques, dont l'épineux statut de Jean-Marie Le Pen et le changement de nom du parti.

Depuis des mois, il est présenté comme un moment clé pour le Front national. Le congrès du parti d'extrême droite se tient samedi et dimanche à Lille, moins d'un an après la défaite de Marine Le Pen à la présidentielle, et alors que le parti peine à exister autrement que par ses problèmes financiers et judiciaires.

Plusieurs sondages, dont l'un réalisé par Elabe pour BFMTV, montrent que l'image de l'ancienne candidate à l'Elysée s'est fortement dégradée. Les idées du FN reculent aussi dans l'opinion publique. Mais Marine Le Pen peut compter sur la fidélité de ses militants, qui ne faiblit pas, même si Marion Maréchal-Le Pen et son absence toute relative lui font de la concurrence dans le coeur des sympathisants.

Le congrès doit être le moyen de mesurer la motivation des militants, à qui le parti a soumis un questionnaire sur la refondation ces derniers mois. Les résultats de cette consultation seront passés en revue ce samedi. Il sera surtout pour la formation politique un moment de restructuration important pour les années à venir. Tour d'horizon des questions auxquelles ce rendez-vous devra répondre.

La question du leadership

C'est durant la journée de dimanche que l'essentiel des annonces devraient avoir lieu. Dans la matinée, les résultats de l'élection du président et du parlement du parti seront dévoilés. En réalité, la succession de Marine Le Pen est déjà réglée, puisqu'elle était la seule candidate, et a donc 100% de chances d'être réélue. Le vote a déjà eu lieu, les bulletins ont été relevés jeudi et dépouillés ce vendredi.

Quant au parlement, intitulé "comité central", il a déjà été voté au même moment, et comporte 100 membres. En fonction des résultats, l'ordre d'arrivée des différentes personnalités servira de baromètre de popularité interne. Lors du précédent congrès, en 2014, l'élection du comité central avait permis de mesurer la très grande popularité de Marion Maréchal-Le Pen. Elle était arrivée première, devant Louis Aliot, Steeve Briois et Florian Philippot. En tout, 409 candidats se sont présentés à cet organe cette année.

La question des nouveaux statuts

Les nouveaux statuts du parti seront également dévoilés dimanche matin. Une question a priori technique, mais qui devra répondre à un épineux problème: la présence au FN de Jean-Marie Le Pen, confirmé dans son rôle de président d'honneur par la justice. Marine Le Pen a tenté d'écarter définitivement son père en l'excluant du parti, et cette exclusion a été confirmée, mais il conserve formellement son rôle.

Les nouveaux statuts qui ont été soumis au vote précisent prévoient la suppression de ce statut. Ce qui permettrait, s'ils étaient acceptés, de faire disparaître pour de bon l'ombre du patriarche. Jean-Marie Le Pen a un temps menacé de se rendre à ce congrès coûte que coûte, avant de finalement faire marche arrière. Il a préféré organiser une séance de dédicace du premier tome de ses mémoires ce samedi à Paris. 

Le changement de nom

"C'est rassurant qu'il y ait une majorité pour le changement de nom car la question posée était assez anxiogène: elle ne faisait pas de proposition" de nouvelle appellation, a commenté jeudi devant quelques journalistes la dirigeante frontiste.

Marine Le Pen proposera dimanche ce nouveau nom, déjà connu en interne par une poignée de personnes. Après le congrès, la nouvelle appellation fera l'objet d'un vote des adhérents par courrier, et les résultats seront connus après un délai d'au moins six semaines. Le rendez-vous est donc fixé en avril. Si jamais les militants refusent le nouveau nom, le parti restera le Front national.

Charlie Vandekerkhove